Scénarios géopolitiques pour l’Europe et la Russie dans le nouvel ordre mondial après le nouveau positionnement de Washington
Quelle pourrait être l’évolution de la configuration géopolitique européenne sous la présidence de Donald Trump ? Voici quelques hypothèses géopolitiques.
L’ouverture attendue de négociations entre Washington et Moscou par Donald Trump aboutira inévitablement à la neutralisation de jure ou de facto de l’Ukraine, c’est-à-dire à son renoncement à l’OTAN, condition minimale pour une sortie de crise. [ Euractiv ] [1] Si les négociations patinent, l’opération militaire russe initiée en 2022 se poursuivra jusqu’à l’atteinte des objectifs affichés [Reuters 2024)[2], voire plus, car la baisse de l’aide à Kiev est inéluctable, l’alternative aboutissant à une escalade. La Russie ne renoncera pas à ses intérêts vitaux.
L’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN abandonnée et illusoire pour l’Union européenne (UE), Moscou cherchera à pérenniser cette situation dans une nouvelle architecture européenne de sécurité, son objectif central, [ Ministère des affaires étrangères de la Fédération de Russie 2021 ] [3] avec fixation de nouvelles frontières, mais ce sera l’objectif le plus difficile à atteindre. Ce scénario a des implications systémiques redoutables. Abandonner l’expansion de l’OTAN, introduire le principe de sécurité indivisible, fixer les nouvelles frontières, c’est accepter un nouvel ordre géopolitique multipolaire basé sur les zones d’influences, c’est-à-dire de facto, reconnaître comme légitimes les aspirations géopolitiques de la Russie, accepter la défaite de l’axe Washington OTAN/UE/Kiev et l’inscrire dans un nouveau traité international. Autant dire que les négociations entre Moscou et Washington risquent de s’éterniser avec une poursuite du conflit, à moins d’un effondrement de Kiev.
Le scénario d’une fracture durable en Europe après un arrêt éventuel des combats est probable si les Européens ne saisissent pas l’opportunité de la victoire russe pour inaugurer une nouvelle relation avec Moscou indépendamment des Etats-Unis. Les Etats membres de l’OTAN et de l’UE seront de toute manière de plus en plus divisés sur les relations à définir, tant avec la Russie qu’avec les Etats-Unis.
L’enjeu géopolitique central est le suivant : la nouvelle administration Trump va-t-elle s’éloigner des doctrines géopolitiques anglo-saxonnes dont l’objectif est l’encerclement de l’Eurasie [ Gurfinkel 2022 ][4] et sa fragmentation, en redéfinissant la place des États-Unis dans un monde multipolaire ? Rien n’indique que la nouvelle administration va abandonner cette posture géopolitique, mais ce n’est pas exclu à plus long terme.
Donald Trump a déclaré vouloir reprendre le canal de Panama, s’approprier le Groenland et le Canada [ rollcall.com 2025] [5] selon une nouvelle doctrine panaméricaine. Si ces annonces provocatrices ont pour objectif d’obtenir des concessions (des bases militaires permanentes et un accès exclusif aux ressources ?), elles n’en sont pas moins significatives de l’évolution de la vision du monde du président américain.
Selon l’angle géopolitique, on constate une continuité avec la poursuite de l’encerclement de l’Eurasie contre la Russie et la Chine. Pour compenser le reflux géopolitique dans le Rimland depuis le retrait d’Afghanistan, bientôt de l’Ukraine, probablement de Syrie, Washington se renforcerait sur les fronts arctique (visées sur le Groenland et le Canada) et indo-pacifique (l’alliance AUKUS). Le front européen, en soutien de l’Ukraine contre la Russie, loin d’être abandonné, serait par contre délégué aux Européens. Les Européens, sous couvert d’une plus grande autonomie stratégique [Groupes d’Etudes Géopolitiques, 2023 ][6], évidemment illusoire, et de partage du fardeau, seraient enrôlés comme supplétifs de la manœuvre américaine contre la Chine et la Russie. Un rapprochement significatif entre Washington et Moscou est très incertain et serait surprenant, car il ouvrirait la voie à un rapprochement germano-russe, considéré comme un défi à l’hégémonie américaine en Europe. Washington cherchera à imposer ses priorités géopolitiques même si des négociations peuvent contenir les rivalités de manière précaire et temporaire.
On observe parallèlement un recentrement sur les zones d’influences géohistoriques pour éviter une surextension, et une régionalisation du monde par grands ensembles géopolitiques. Avec la consolidation du monde anglo-saxon centré sur les Etats-Unis, la vision de Donald Trump est en adéquation avec l’évolution du monde caractérisée par la recomposition des territoires autour des puissances centrales et un processus de resserrement géopolitique et civilisationnel, comme la recomposition du monde russe et le projet de Grande Eurasie, la réunification chinoise (visées sur Taiwan) et les Routes de la Soie, le projet pan turc, le projet européen (resté limité jusqu’à présent au statut de sous-ensemble d’un Grand Occident piloté par Washington). C’est le retour explicite des conquêtes territoriales, des zones d’influence, des zones tampons, des frontières mouvantes qui s’ajustent entre grands ensembles géopolitiques. Ce sont les coalitions précaires et temporaires des États qui détermineront la configuration géopolitique mondiale.
Lors de la négociation entre Washington et Moscou, l’enjeu sera de chercher à masquer l’humiliation de Washington et ses supplétifs dans ce conflit qu’ils ont provoqué avec les élargissements successifs de l’OTAN, aggravé avec la cobelligérence croissante au profit de Kiev contre la Russie et perdu car Moscou n’a pas reculé vis-à-vis de ses objectifs militaires et géopolitiques.
La victoire de la Russie en Ukraine va donc aboutir à un reflux géopolitique de l’OTAN et de l’UE. Le Rimland est une frange maritime de l’Eurasie. Le contrôle de cet espace est d’une importance capitale dans le contrôle du Heartland, la masse continentale eurasiatique incarnée par la Russie, mais aussi en partie la Chine. Le Rimland, sous contrôle de Washington tout autour de l’Eurasie, recule depuis le retrait d’Afghanistan et la guerre en Ukraine qui stoppe l’extension de l’OTAN. Le pôle géopolitique euro-atlantique dont Washington est le chef de file et l’OTAN et l’UE, ses instruments, ne pourra plus structurer l’Europe orientale et l’Eurasie selon sa vision unipolaire. L’élargissement de l’OTAN ne pourra plus être utilisé comme outil offensif pour l’expansion des États-Unis dans le monde russe sans provoquer un conflit. Le paradoxe est que la Russie ne s‘opposerait probablement pas à l’élargissement de l’UE à l’Ukraine, la Géorgie et la Moldavie, car il affaiblirait l’UE.
Après l’échec, pour l’UE, des deux évènements électoraux en Géorgie et en Moldavie, et la défaite des États membres de l’OTAN en Ukraine, c’est un scénario alternatif qui se profile. L’OTAN et l’UE, telles qu’elles fonctionnent aujourd’hui, ne s’élargiront ni à la Géorgie (avec l’échec d’une tentative de coup d’Etat soutenue par l’UE), ni à la Moldavie, ni à l’Ukraine. Le retour d’un tropisme russe est parallèlement perceptible, y compris au sein de l’UE avec la Hongrie et la Slovaquie, mais aussi la Roumanie où le premier tour des élections a été annulé pour écarter un candidat jugé pro-russe, l’Autriche ainsi que les partis d’opposition en Allemagne et en France.
Ce nouvel ordre géopolitique pourrait déboucher, en fonction des options poursuivies par Donal Trump et son administration, soit sur la poursuite de la rivalité entre Washington et Moscou, mais contenue pour stabiliser les fronts, soit une réinitialisation modérée de leurs relations, soit une escalade militaire, peu probable pour l‘instant. Ces scénarios se feront au détriment des Européens de l’UE, vassalisés à Washington (la seule zone encore coincée dans l’ordre occidental) car ils seront largement écartés des négociations sur la nouvelle configuration, s’ils ne réussissent pas à prendre individuellement ou à s’entendre sur une posture géopolitique commune et indépendante des Etats-Unis.
L’Union européenne et ses Etat membres qui ont soutenu Kiev seront les perdants, quel que soit le scénario, car l’objectif de Washington était aussi de torpiller toute entente continentale sur l’axe Paris-Berlin-Moscou, notamment avec le sabotage de Nord Stream [ Hersh ] [7], et il est (temporairement ?) réussi.
L’intérêt des Etats-Unis est la poursuite de la vassalisation de l’UE
Avec l’élection de Donald Trump, la place réservée à l’Europe, et en particulier les Etats-membres européens de l’OTAN et l’UE ne change pas, c’est celle d’une Rimland, une périphérie géopolitique qui doit certes être capable d’assurer sa défense, mais en se fournissant principalement en armement américain et en s’alignant sur les priorités géopolitiques des Etats-Unis. La Russie reste un adversaire contre qui les Européens doivent faire front, afin de permettre à Washington de se concentrer contre la Chine. Donald Trump, qui défend America First, n’aidera pas la France et ses partenaires européens à regagner sa souveraineté et son indépendance géopolitique,
L’intérêt des Etats-Unis sous la nouvelle présidence de Donald Trump, s’il réussit à désengager les Etats-Unis de ce conflit qu’ils ont provoqué et qu’ils ont perdu, est donc de chercher à faire porter aux Européens de l’OTAN et l’UE le fardeau de leur politique de déstabilisation, et leur transférer la responsabilité d’endiguer la Russie, c’est-à-dire la poursuite de la vassalisation des Européens en gardant le contrôle sur la doctrine géopolitique et consacrant la division de l’Europe.
C’est le scénario de rêve des gouvernements atlantistes au pouvoir aujourd’hui et des complexes militaro-industriels otanisés dans les Etats membres européens de l’OTAN et de l’UE, non seulement incapables d’une réflexion géopolitique indépendante, mais opposée à toute remise en cause de leur statut de supplétifs vassalisés, qui exigerait de prendre plus de responsabilités, et d’oser penser par eux-mêmes. Pour espérer une évolution, les réseaux au pouvoir aujourd’hui devraient être écartés, à la faveur de crises plus graves dues à l’humiliation subie par l’OTAN et l’UE et leur démonétisation, qui aura des conséquences à retardement.
Sans une inflexion des Etats européens vers une plus grande indépendance, seule une crise systémique profonde dans l’espace euro-atlantique serait en mesure de faire évoluer la configuration. La condition pour qu’une crise systémique devienne plus probable, est la victoire russe contre l’axe Washington-OTAN-UE et son supplétif le régime de Kiev.
Le scénario alternatif, Le pivot vers la Russie, la voie de la souveraineté pour les Européens
Le narratif dominant dans les médias et les réseaux au pouvoir répète en boucle qu’une défaite de l’Ukraine serait aussi la défaite de la France et de l’Europe. Pourtant, si l’on analyse de manière clinique les conséquences du conflit en Ukraine selon l’angle géopolitique, c’est une victoire russe dans ce conflit qui l’oppose à Kiev et au continuum Washington/OTAN/UE qui offrira des avantages géopolitiques pour la France et ses partenaires européens à plus long terme, si Paris savait s’en servir. C’est évidemment un scénario sur le long terme, car la crise actuelle mettra à minima plusieurs années avant d’être surmontée
La défaite de l’Ukraine et la victoire de la Russie n’est en réalité gênante que pour ceux qui ont positionné la France que comme Etat vassalisé dans le continuum Washington/OTAN/UE avec l’illusion d’une autonomie stratégique européenne, qui n’est qu’un sous-élément de l’OTAN.
La vision d’une France comme nation d’équilibre et souveraine au sein d’une Europe des nations, peut portant à nouveau apparaitre comme un horizon a plus long terme, si de nouvelles classes politiques qui émergeront inévitablement auront la volonté de mieux positionner le pays dans le nouvel ordre géopolitique multicentré.
La Russie n’est pas une menace pour la France mais une menace à l’ordre euro-atlantiste exclusif
L’UE est incapable de penser le monde post-occidental et devient une périphérie, un théâtre de confrontation, puisque qu’elle n’est pas un pôle géopolitique. Le discours fallacieux des institutions euro-atlantistes évoquant une « menace russe existentielle » escamote les vrais enjeux. Existentielle pour qui ? Il n’y a pas de menace contre les intérêts vitaux de la France et de ses partenaires européens, mais bien contre l’ordre euro-atlantiste dominé par Washington, qui ne vit que de sa confrontation avec la Russie et la Chine (désignation de l’ennemi pour mobiliser les supplétifs et éviter toute défection) et fait des Européens des alliés de plus en en plus vassalisés.
L’UE ne peut pas survivre sans faire de la Russie un ennemi afin de d’escamoter ses paradigmes obsolètes, et donc poursuivre la vassalisation à l’OTAN, sans qui, elle ne pèse rien. Pour l’OTAN, l’UE lui est complémentaire comme outil pour élargir cette zone d’influence euro-atlantiste exclusive, et le projet d’une Europe intégrée, sous-produit de la globalisation pilotée par Washington contre l’Europe des nations et un monde unipolaire promu par la Russie.
Avec la victoire russe, l’UE est en passe de perdre le monopole du discours sur l’Europe, face au modèle de l’Europe des nations dont les promoteurs auront une voix décuplée par la victoire russe et la décrédibilisation de l’OTAN. Avec cette décrédibilisation de la doctrine euro-atlantiste, l’UE perdrait son soutien principal, Washington et son projet expansionniste, sur qui elle compte sur sa propre expansion. Elle ne pourrait plus poursuivre son expansion.
L’UE et l’OTAN ont été créées dans un ordre spatial et géopolitique différent de l’ordre multipolaire actuel, celui de la Guerre froide comme sous-ensemble de l’Occident capitaliste, et ces organisations se sont maintenues sous l’ordre unipolaire américain. Elles se retrouvent aujourd’hui en difficulté et jouent leur survie face à un nouvel ordre spatial multipolaire où les peuples et nations pourraient retrouver leur liberté vis à vis de la globalisation et l’américanisation inéluctable en évitant leur dissolution dans le monde liquide des puissances maritimes. D’où la panique avec l’élection de Donald Trump, s’il venait à réellement remettre en cause cet édifice.
L’objectif de Washington est de se désengager du conflit en Ukraine, mais pas de surmonter les éléments systémiques de cette crise géopolitique, car la Russie reste un adversaire désigné, ce qui permet de maintenir le continent européen divisé au profit des Etats-Unis. Les Européens, les Français et les Allemands, et Italiens en particulier, aurait bien plus intérêt à surmonter cette fracture pour stabiliser l’Europe dans son ensemble. Ces Etats européens, à plus long terme, auraient un intérêt partagé avec la Russie, Etat voisin, pour l’élaboration d’une nouvelle architecture européenne de sécurité pour éviter de devenir un théâtre de confrontation, à l’inverse des Etats-Unis, positionnés au loin entre océans atlantique et pacifique.
En fin de compte, l’option d’une négociation d’une nouvelle architecture européenne de sécurité, surmontant la fracture géopolitique européenne, et alternative à une nouvelle Guerre froide, est pour l’instant un scénario encore improbable, mais c’est le seul scénario qui permette aux Européens de reprendre leur destinée en main et de défendre leurs propres intérêts géopolitiques, sur le principe des équilibres géopolitiques et la sécurité indivisible entre Etats et non pas l’intégration euro-atlantique qui enferme les européens de l’Ouest dans une politique de blocs décidée à Washington.
Selon le scénario alternatif d’une Europe des nations souveraines, la négociation entre Etats d’une nouvelle architecture géopolitique européenne incluant la Russie sur le modèle d’une Europe des nations souveraines et le principe de l’équilibre géopolitique aurait des bases plus solides, alternative à une Europe intégrée à un espace euro-atlantiste (OTAN-UE) excluant la Russie. Il s’agit en fin de compte, de redécouvrir les négociations classiques sur les équilibres européens qui ont inauguré les grands ordres spatiaux successifs – le traité de Westphalie (1648), le Congrès de Vienne (1814-1815), le traité de Moscou (1990), précaires et temporaires mais préférables à une escalade militaire croissante.
En conclusion, si la France comme nation d’équilibre veut retrouver une marge de manœuvre, une victoire de Moscou est dans son intérêt. Dans un tel scénario, le projet européen aurait plus de chance d’être réformé, les paradigmes géopolitiques de l’UE et de l’OTAN devenant obsolètes pour se rapprocher de la vision gaullienne d’une Europe des nations plus indépendantes des États-Unis. Un pivot vers la Russie redeviendrait une option afin de promouvoir un espace de stabilité et de prospérité eurasien et un rapprochement selon un axe France-Allemagne-Russie, coïncidant avec l’enveloppe de la civilisation européenne pour éviter un condominium américano-chinois
L’alternative, c’est de retrouver en tête à tête dans un conflit contre la Russie, sans les Etats-Unis si Donald Trump décidait de se désengager rapidement en acceptant la défaite de l’Occident américanisé et la réalité du monde multipolaire, ce qui aboutirait à une défaite inéluctable, mais seulement retardée avec encore plus dégâts pour l’Ukraine
Le pire scénario serait la dérive inexorable vers une aggravation du conflit et pire, une troisième guerre mondiale dans un conflit dirigé par Washington si Trump décidait d’une escalade après son refus des exigences russes (qu’ils n’abandonneront pas) dans les négociations. Les Européens deviendraient le champ de bataille de cette montée aux extrême potentiellement nucléaire, avec tout ce que cela comporte.
[1] Trump’s plan for Ukraine: Territorial concessions but NATO off the table -URL : https://www.euractiv.com/section/global-europe/news/trumps-plan-for-ukraine-territorial-concessions-but-nato-off-the-table/ (accessed: 07.02.2025).
[1] Kremlin says Ukraine war will go on until Putin’s goals are met on battlefield or by negotiation – URL: https://www.reuters.com/world/europe/kremlin-says-ukraine-war-will-go-until-putins-goals-are-met-battlefield-or-by-2024-12-10/ (accessed: 07.02.2025).
[1] Ministère des affaires étrangères de la Fédération de Russie, Treaty between The United States of America and the Russian Federation on security guarantees 17 December 2021
Agreement on measures to ensure the security of The Russian Federation and member States of the North Atlantic Treaty Organization 17 December 2021 table -URL : https://mid.ru/ru/foreign_policy/rso/nato/1790818/?lang
(accessed: 07.02.2025).
[1] Gurfinkiel M, Can the ‘Rimland’ Contain China and Russia? The West is restoring the global strategic vision that gave it victory in the world wars and the Cold War. URL : https://www.wsj.com/articles/can-the-rimland-contain-china-and-russia-spykman-mackinder-eurasia-nato-aukus-quad-i2u2-middle-east-economy-technology-strategy-11659125573 (/ accessed: 07.02.2025).
[1] Press conference: Donald Trump Holds a Media Event at Mar-a-Lago – January 7, 2025 URL : https://rollcall.com/factbase/trump/transcript/donald-trump-press-conference-mar-a-lago-january-7-2025/ (accessed: 07.02.2025).
[1] 2027, The year of the European Strategic Autonomy, Groupes d’Etudes Géopolitiques ,2023, URL : https://geopolitique.eu/en/2023/04/10/2027-the-year-of-european-strategic-autonomy/ (accessed: 07.02.2025).
[1] Hersh S, How America Took Out The Nord Stream Pipeline – URL : https://seymourhersh.substack.com/p/how-america-took-out-the-nord-stream
(accessed: 07.02.2025).
[1] Trump’s plan for Ukraine: Territorial concessions but NATO off the table -URL : https://www.euractiv.com/section/global-europe/news/trumps-plan-for-ukraine-territorial-concessions-but-nato-off-the-table/ (accessed: 07.02.2025).
[2] Kremlin says Ukraine war will go on until Putin’s goals are met on battlefield or by negotiation – URL: https://www.reuters.com/world/europe/kremlin-says-ukraine-war-will-go-until-putins-goals-are-met-battlefield-or-by-2024-12-10/ (accessed: 07.02.2025).
[3] Ministère des affaires étrangères de la Fédération de Russie, Treaty between The United States of America and the Russian Federation on security guarantees 17 December 2021
Agreement on measures to ensure the security of The Russian Federation and member States of the North Atlantic Treaty Organization 17 December 2021 table -URL : https://mid.ru/ru/foreign_policy/rso/nato/1790818/?lang
(accessed: 07.02.2025).
[4] Gurfinkiel M, Can the ‘Rimland’ Contain China and Russia? The West is restoring the global strategic vision that gave it victory in the world wars and the Cold War. URL : https://www.wsj.com/articles/can-the-rimland-contain-china-and-russia-spykman-mackinder-eurasia-nato-aukus-quad-i2u2-middle-east-economy-technology-strategy-11659125573 (/ accessed: 07.02.2025).
[5] Press conference: Donald Trump Holds a Media Event at Mar-a-Lago – January 7, 2025 URL : https://rollcall.com/factbase/trump/transcript/donald-trump-press-conference-mar-a-lago-january-7-2025/ (accessed: 07.02.2025).
[6] 2027, The year of the European Strategic Autonomy, Groupes d’Etudes Géopolitiques ,2023, URL : https://geopolitique.eu/en/2023/04/10/2027-the-year-of-european-strategic-autonomy/ (accessed: 07.02.2025).
[7] Hersh S, How America Took Out The Nord Stream Pipeline – URL : https://seymourhersh.substack.com/p/how-america-took-out-the-nord-stream
(accessed: 07.02.2025).