Géopolitique du projet de Corridor de Zanguezour : Poursuite de la tentative d’encerclement de la Russie par les Etats-Unis

Géopolitique du projet de Corridor de Zanguezour : Poursuite de la tentative d’encerclement de la Russie par les Etats-Unis

31 juillet 2025 0 Par Pierre-Emmanuel Thomann

Sous la présidence de Donal Trump, les Etats-Unis persévèrent dans leur stratégie d’encerclement géopolitique de la Russie. 

L’ambassadeur américain en Turquie, Thomas J. Barack, nommé par Donald Trump, a ainsi proposé que les Etats-Unis prennent en charge la gestion du projet de Corridor de Zanguezour  par l’intermédiaire d’une entreprise privée (pour une durée de 100 ans)[1].  Le corridor de Zanguezour (32 km) se situe sur le territoire au sud de l’Arménie et en bordure de l’Iran. Il aurait pour fonction de relier l’Azerbaïdjan au Nakhitchevan, qui est une exclave azérie jouxtant la Turquie. L’Azerbaïdjan, après sa conquête du Haut-Karabagh en 2022, souhaite désormais un accès totalement libre à ce corridor mais l’Arménie refuse pour l’instant d’abandonner sa souveraineté sur ce territoire.  (Voir carte 1 : Géopolitique du projet de corridor de Zanguezour).

Ce projet est en synergie avec la stratégie panturque de la Turquie, en expansion vers le Caucase et l’Asie centrale. Ce corridor est soutenu par Ankara, en synergie avec Bakou, pour ouvrir un nouvel axe de transport régional de la Turquie vers l’Asie centrale dans la perspective d’une montée en puissance du nouveau corridor transcaspien qui traverse la mer caspienne reliant l’Azerbaïdjan vers le Turkménistan ou le Kazakhstan.

Les pays d’Asie centrale font la promotion de ce corridor pour surmonter leur enclavement géopolitique et se relier à l’Europe avec le soutien de l’Union européenne[2] dans le cadre du programme Global Gateway. Ils cherchent aussi à se positionner sur le passage des nouvelles routes de la soie chinoise le long de l’axe reliant la Chine à l’Europe avec le soutien croissant de Pékin[3].      

Pour Washington, ce projet participe de sa stratégie d’encerclement de la Russie en favorisant l’expansion panturque dans le Caucase et en Asie centrale pour contrer et repousser l’influence russe et chinoise dans ces zones stratégiques[4].  Le rôle de la Turquie comme gardienne des détroits turcs et contrepoids géopolitique à la Russie dans le Caucase, mer Noire, Méditerranée, Asie centrale et Proche-Orient est donc prioritaire pour les États-Unis. C’est un élément essentiel de leur posture géopolitique. La Turquie est aussi garante du corridor énergétique qui passe au sud du Caucase sur l’axe Azerbaïdjan-Géorgie-Turquie[5], avec le soutien des États-Unis mais aussi de l’OTAN et l’UE pour contourner la Russie.        

Selon la stratégie géopolitique américaine, la Turquie est un Etat-Pivot du Rimland à partir duquel Washington peut mener une politique offensive contre la Russie par procuration[6] en soutenant le panturquisme, le néo-ottomanisme et l’islamisme vers le Caucase, l’Asie centrale, le Proche-Orient, la Libye, les Balkans mais aussi jusque sur les terres russes avec les populations tatars musulmanes, en commençant par la Crimée[7]. Cette stratégie peut aussi être prolongée dans la profondeur du territoire russe[8].  (Voir Carte 2 : La Turquie : allié ambigu de l’OTAN- Défi géopolitique croissant pour l’UE)

La Turquie s’immisce de manière opportuniste sur tous ces théâtres en fonction de ses intérêts géopolitiques. La Turquie est pourtant un allié de plus en plus ambigu dans l’OTAN vis à vis de ses partenaires. La Turquie achète le système d’armes russe S-400 et son programme d’achat des F35 américains a été suspendu en conséquence. L’acquisition de ce système d’arme russe par la Turquie est un moyen de pression sur ses partenaires, comme le chantage migratoire pour réduire l’opposition à ses priorités géopolitiques, tout en restant dans l’alliance atlantique.

La Turquie a ainsi un rôle implicite au sein de l’Alliance atlantique contre la Russie en Syrie, d’où le soutien des États-Unis à la Turquie à Idlib[9] jusqu’au changement de régime en 2024 contre Bachar el Assad par les islamistes soutenus par la Turquie. La Turquie est aussi intervenue en Libye contre le général Haftar soutenu par la Russie. Enfin depuis le conflit au Haut-Karabagh, la Turquie cherche à se renforcer dans le Caucase du Sud. L’absence de pressions sur la Turquie de la part des États-Unis ainsi que de l’OTAN[10]  et l’UE renforce l’hypothèse d’un assentiment implicite des États-Unis et de ses alliés proches lors de l’offensive turco-azérie contre le Haut Karabagh en 2023.

L’objectif principal de cette manœuvre est de repousser la Russie dans ses terres continentales, d’où la complaisance vis à vis de l’expansionnisme turc. Dans le Caucase du Sud, comme en Syrie, la Turquie fait donc le travail que les États-Unis ne veulent plus faire en première ligne. L’objectif géopolitique implicite est aussi de réorienter l’expansion géopolitique de la Turquie principalement vers le Caucase et l’Asie centrale contre la Russie afin de la détourner de la Méditerranée orientale et du théâtre européen pour endiguer la fissuration de l’OTAN.   

Le contrôle du Rimland

Du point de vue de Washington, la Turquie mais aussi l’Ukraine, sont des Etats pivots pour contrôler le Rimland afin de fracturer l’Eurasie et torpiller toute entente continentale eurasienne sur un axe Paris-Berlin-Moscou-Pékin. Le « Rimland » est la ceinture littorale qui entoure le continent eurasien. Son contrôle par les Etats-Unis permet de constituer un espace tampon autour du « Heartland », coeur de l’espace eurasien. Cette doctrine géopolitique est l’héritière de la vision du géopoliticien américain Nicolas Spykman (1893-1943) qui a reformulé la doctrine de Halford John Mackinder (1861-1947). Depuis la guerre Froide, la Turquie détient un place stratégique particulière dans ce dispositif au flanc sud de l’OTAN pour endiguer l’URSS mais aujourd’hui aussi comme pivot offensif contre la Russie vers le Caucase, l’Asie centrale,  le Moyen-Orient, la Méditerranée.

La focalisation de Washington sur le Caucase et l’Asie centrale, doit aussi être comprise comme une stratégie de compensation géopolitique. L’OTAN, en conséquence de l’intervention militaire russe, ne pourra plus s’élargir ni à l’Ukraine, ni à la Géorgie. Cela signifie que l’espace euro-atlantique recule et l’OTAN ne peut plus être utilisé comme outil offensif en Eurasie au moyen de l’élargissement. La Russie a gagné la guerre en Ukraine par procuration contre l‘axe Washington-OTAN-UE-Kiev, malgré la co-belligérence sous le seuil d’un engagement direct. Washington, depuis l’élection de Donald Trump, de manière opportune, cherche à se désengager du conflit en Ukraine pour masquer la défaite des Etats-Unis, car le projet américain d’élargissement de l’OTAN est non seulement caduc, mais ce conflit accélère la mutation vers un monde multicentré, et la Russie et la Chine se rapprochent en Eurasie, cauchemar géopolitique de Mackinder.  En conséquence, Washington semble faire évoluer son penchant vers les conflits par procuration en incitant les Européens, mais aussi la Turquie, à se positionner comme sous-traitants géopolitiques contre la Russie. Après avoir provoqué le conflit en Ukraine et transformé le conflit russo-ukrainien en guerre par procuration contre la Russie, séparé la Russie de l’UE et encouragé la perception d’une menace russe, Washington pratique le chantage géopolitique sur les Européens qui cherchent  désespérément à  prolonger le soutien américain en acceptant des tarifs  asymétriques, l’achat d’armement et de gaz de schiste américain. La vassalisation accélérée des Européens de l’OTAN et l’UE otanisé, est la conséquence directe de leur embrigadement dans la guerre américaine hybride contre la Russie [11]. Les Européens, divisés, dépendants des Etats-Unis et incapables de construire  une doctrine géopolitique alternative, seraient ainsi enrôlés comme supplétifs dans la Manoeuvre géopolitique de Washington. (Voir carte 3 : Stratégie géopolitique des Etats-Unis contre la Russie dans le contexte multipolaire)

Comme la stratégie d’expansion américaine au travers de l’élargissement de l’OTAN a échoué en Ukraine et probablement en Géorgie aussi, l’ouverture de nouveaux fronts, comme en Azerbaïdjan qui a des relations tendues avec la Russie n’est pas un hasard et se déroule en parallèle de la promotion de ce nouveau corridor pour poursuivre l’encerclement de la Russie[12]. Dans ce contexte, Les États-Unis, l’OTAN et l’UE réaffirment le rôle de pivot de la Turquie comme gardienne des détroits turcs et contrepoids géopolitique à la Russie.

Le projet de corridor de Zanguezour n’est qu’un sous-élément du projet d’envergure mondiale de Washington d’encerclement géopolitique de l’Eurasie. Les Etats-Unis ne se positionnent plus directement au front comme lors de la Guerre Froide, mais optent pour cette nouvelle doctrine de sous-traitance géopolitique qui se présente ainsi :  Tout en dictant les priorités géopolitiques, ils délèguent aux Européens de l’OTAN et l’UE la défense du Rimland européen, poussent à l’expansion panturque dans le Caucase et en Asie centrale, poursuivent la lutte contre l’Iran et la Syrie avec le pivot israélien, tandis que les Etats-Unis reconduisent leur endiguement de la Chine dans le Rimland indopacifique.

Les Etats-Unis, en utilisant des Etats-pivots pour mener des conflits par procuration, en tirent le maximum de bénéfices, comme la vente d’armement, l’exportation de gaz de schiste et sans aucune perte pour l’armée américaine.      

Dans cette stratégie d’encerclement au moyen du pivot turc, l’Allemagne jour aussi un rôle important comme puissance centrale prépondérante dans l’UE. Berlin se coule dans cette Grande Stratégie géopolitique de conception anglo-saxonne pour le contrôle du Rimland depuis la Guerre Froide, tout en défendant ses propres priorités géopolitiques dans les limites des priorités de Washington. L’Allemagne, depuis le sabotage par Washington du Gazoduc Nord Stream II a diminué drastiquement ses importations de gaz russe. Berlin, en conséquence, renforce son projet ancien[13] d’un corridor Sud passant par la Turquie pour diversifier ses approvisionnements énergétiques en gaz et en pétrole à partir de la mer Caspienne et l’Asie centrale. L’UE cherche parallèlement à interdire les importations de gaz russe d’ici 2027 et remplacer par le gaz américain[14].

Les héritages géohistoriques

Un parallèle intéressant peut être fait entre l’Allemagne de Guillaume II avec la situation actuelle : à partir du moment où l’Allemagne de Guillaume II a considéré que la Russie devenait l’une des menaces principales, l’Allemagne s’est alors rapprochée de l’Empire ottoman dans le cadre de l’Alliance des puissances centrales, afin d’élargir sa marge de manœuvre et échapper à l’encerclement et la guerre sur deux fronts. Aujourd’hui La relation germano-russe s’est très fortement dégradée depuis la crise ukrainienne en 2014 et la relation germano-turque prend logiquement plus de poids dans le cadre de la nouvelle rivalité entre l’Occident sous direction américaine et la Russie mais aussi l’abandon du partenariat stratégique entre l’Allemagne et la Russie (énergie contre modernisation) qui était porté par la nouvelle Ostpolitik en 2007.

Si on remonte plus loin dans la géohistoire, le soutien de Washington à la Turquie et son expansion panturque n’est pas sans rappeler le soutien de l’Angleterre et la France à l’empire ottoman, notamment lors de la guerre de Crimée (1852-1856), pour contrer l’accès de la Russie à la Méditerranée et les océans mondiaux[15].  

La Transcaucasie (composée de la Géorgie, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan) est aussi un espace charnière entre l’Europe et l’Asie et une zone de collision entre les vision géopolitiques antagonistes de grandes puissances depuis des siècles. La configuration géopolitique émergente évoque les rivalités qui avaient opposés au XIXème et début du XXème siècle les empires russe (puis soviétique), ottoman (et ensuite Turquie), perse, britannique, français, allemand, austro-hongrois et italien dans les différents espaces de confrontation interconnectés incluant l’Europe, les Balkans, l’Afrique du Nord, la Méditerranée, la Mer Noire, le Caucase, le Moyen Orient, l’Asie centrale, et l’Asie du Sud-Ouest avec l’Afghanistan.

Conséquences géopolitiques

C’est l’Union européenne qui pâtira le plus des conséquences du renforcement géopolitique de la Turquie comme hub énergétique prépondérant avec une plus grande dépendance et une menace pour la diversification de ses approvisionnements envers Ankara qui pratique le chantage géopolitique et migratoire. Les Européens sont ainsi soumis au risque d’une renforcement de sa stratégie panturquiste et islamiste dans le Balkans et en Méditerranée.

Le paradoxe est que cette liaison dangereuse de l’UE avec la Turquie, en synergie avec Washington et Londres, éloigne encore plus les Européens de la Russie, qui fait pourtant partie intégrante du pilier oriental de l’Europe civilisationnelle et la rend dépendante de la Turquie islamiste d’Erdogan, renouant avec son ancien rôle d’ennemie civilisationnelle de l’Europe.

Cette évolution sert les intérêts de Washington et Londres, puissances maritimes, qui ont pour objectif de fragmenter géopolitiquement le continent eurasien et d’exclure la Russie et de plus en plus la Chine. Les Européens sont divisés, mais la France et l’Allemagne si elles parvenaient à se détacher de la doctrine euro-atlantiste exclusive qui les maintient de plus en plus dans une périphérie géopolitique d’un grand Occident piloté par Washington, pourraient renouer avec une vision continentaliste pour une coopération d’envergure eurasienne mais sans exclure la Russie.        

Les différents projets de corridor de transport commerciaux et énergétiques participent de la rivalité entre les puissances, la Russie, les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, l’Iran. Il faut rappeler que le sabotage des gazoducs Nord Stream a été vraisemblablement commis en synergie avec le projet d’Initiative des Trois Mers piloté par Washington et Varsovie qui vise à réorienter les infrastructures de transport dans une direction Nord Sud et obstruer les échanges est-Ouest entre Europe de l’Ouest et la Russie[16].  Face à ce projet de corridor Est-Ouest, la Russie et l’Iran font la promotion d’un nouveau corridor Nord-Sud sur l’itinéraire Russie-Azerbaïdjan-Iran vers l’Inde visant à pallier les difficultés du corridor Nord Chine-Kazakhstan-Russie-Europe avec les sanctions de l’UE.

La Russie a aussi des cartes à jouer.  On peut ainsi imaginer le scénario où le corridor transcaspien Est-Ouest, s’il était pensé en synergie avec le projet russe de corridor Nord Sud avec Baku comme hub central, apporterait des bénéfices à toutes les puissances régionales et empêcherait toute exclusion de la Russie qui pourrait plus facilement contourner les sanctions de Washington et Bruxelles et pourrait paradoxalement renforcer la connectivité eurasienne dans son ensemble, c’est-à-dire rendre inopérantes, voire contreproductives, les doctrines géopolitiques anglo-saxonnes visant à empêcher toute coopération d’envergure eurasienne en fragmentant le continent.     

L’Arménie, si elle cédait aux Etats-Unis la gestion du corridor de Zanguezour, risquerait d’être soumise aux revendications croissantes de la Turquie et l’Azerbaïdjan, provoquant une instabilité politique à Erevan. Washington ou Bruxelles, trop éloignés du théâtre, ne pourront pas protéger les Arméniens et cette déstabilisation donnerait un levier à la Russie.

Le corridor de Zanguezour est encore en proie à de sérieuses difficultés comme l’absence d’infrastructures et de navires pour traverser la Mer caspienne, les équipements ferroviaires insuffisants qui font du corridor de transport Nord sur l’axe Chine-Kazakhstan-Russie-Europe un passage plus facile et avantageux[17].  C’est aussi sans compter les crises géopolitiques potentielles car ce corridor fait l’objet d’attentes différentes entre les Etats-Unis, la Chine, la Turquie et l’Azerbaidjan, l’Asie centrale, la Russie et l’Iran. On peut donc s’attendre à la poursuite des conflits provoqués le long de ces corridors par Washington pour favoriser les tracés excluant la Russie.

Il faut aussi tenir compte de la stratégie de Moscou qui préfère négocier avec le rival Turc, puissance régionale, que de laisser les Etats-Unis, puissance globale, dicter les termes des crises.   Dans un monde multipolaire, le processus de régionalisation des crises où les acteurs régionaux (la Russie et la Turquie) qui ont des intérêts géopolitiques directs en raison de leur proximité géographique est logique. Ils ont jusqu’à présent piloté les crises de manière bilatérale voire par la formation d’un directoire pour gérer leurs différents ou convergences géopolitiques mais tout en excluant ainsi les prétendants au monde unipolaire (les États-Unis et leurs alliés proches) qui s’arrogeaient auparavant le droit de se mêler de toutes les crises à l’échelle globale. Dans le cas du projet de corridor de Zanguezour, il n’est donc pas garanti que les Etats-Unis puissent s’immiscer de manière décisive dans cet imbroglio régional.  

Finalement, cette nouvelle approche américaine favorisant la sous-traitance géopolitique, sorte de géopolitique par procuration, avait commencé avec le « Leading from behind » ‘ de Barack Obama. On peut s’interroger sur la capacité des Etats-Unis à garder le contrôle, car en se positionnant de plus en plus loin des lignes de front et sans prendre de risques, ils perdent la légitimité du leadership.  

Face à la victoire russe qui se profile en Ukraine, la tentative de Washington d’ouvrir de nouveau fronts et d’évincer Moscou dans le Caucase et en Asie centrale va probablement aussi être de plus en plus difficile, car la Turquie, joue un rôle ambigu, et on peut s’attendre à un retour de la Russie dans ces zones comme en Géorgie, car elle reste le pôle géopolitique voisin le plus puissant. La géographie prime.  

Sur le long terme la Turquie reste pourtant une menace géopolitique croissante, tant pour l’Europe de l’Ouest que pour la Russie. Toutefois, les cercles atlantistes et néoconservateurs qui sont au pouvoir en Europe, considèrent que La Russie est une menace plus importante que la Turquie et cherchent à se rapprocher de la Turquie pour contrer la Russie.  L’élargissement de l’UE à la Turquie est pourtant désormais une impasse avérée mais la question est loin d’être réglée car la Turquie fera monter les enchères et exigera des compensations. Compte tenu de son attitude complaisante, jusqu’à quel point l’Allemagne entrainera-t-elle l’UE dans un nouveau chantage probable de la Turquie ?

Berlin, Paris et ses partenaires européens n’agissent plus que dans les limites fixées par les doctrines géopolitiques anglo-saxonnes visant à encercler la Russie par l’extension du Rimland, dont la Turquie est un élément important, d’où le narratif fallacieux de la menace russe qui découle de l’alinéation et la vassalisation doctrinale et géopolitique des Etats membres de l’OTAN et l’UE.

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C’est un scénario dangereux qui renforce le pouvoir de nuisance et l’expansionnisme turc. Pour endiguer la Turquie, un rapprochement avec la Russie serait la seule option qui ai suffisamment de poids pour contrer l’expansion turque. 

Carte 1 : Géopolitique du projet de corridor de Zanguezour

Carte 2 : La Turquie : allié ambigu de l’OTAN- Défi géopolitique croissant pour l’UE

Carte 3 : Stratégie géopolitique des Etats-Unis contre la Russie dans le contexte multipolaire


[1] https://www.forbes.com/sites/guneyyildiz/2025/07/18/americas-high-stakes-bet-on-zangezur-how-a-us-led-corridor-could-slash-europes-energy-costs-and-counter-russia/

[2] Ce projet est en synergie avec la stratégie panturque d’Ankara, en expansion vers le Caucase et l’Asie centrale

[3] https://trendsresearch.org/insight/from-disinterest-to-strategic-priority-chinas-changing-approach-to-the-middle-corridor/?srsltid=AfmBOoqSaXdONYxUrV4ypNY-wqwfpy1w3lI7Ci_1GI_bpyRySpihjhKY

[4] https://www.atlanticcouncil.org/content-series/ac-turkey-defense-journal/why-the-middle-corridor-matters-amid-a-geopolitical-resorting/

[5] Il comprend l’axe énergétique pétrolier Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) et l’axe gazier Bakou-Tbilissi-Erzurum et le Trans-Anatolian Natural Gas Pipeline TANAP),

[6] https://www.understandingwar.org/backgrounder/competition-between-russia-and-turkey-drives-conflict-across-middle-east-africa-and

[7] https://www.bbc.com/news/world-europe-41753599

[8] https://english.defensearabia.com/expectations-vs-reality-stratfors-map-of-turkeys-sphere-of-influence-2050/

[9] https://tr.usembassy.gov/deputy-secretary-bieguns-remarks-at-the-38th-american-turkish-conference/

[10] Lors des conférence de presse, le secrétaire général de l’OTAN  a défendu systématiquement la rôle stratégique de la Turquie.    https://www.nato.int/cps/en/natohq/opinions_178528.htm?selectedLocale=en

[11] https://www.eurocontinent.eu/negociations-commerciales-la-vassalisation-de-lue-a-washington-consequence-de-son-soutien-a-la-guerre-americaine-contre-la-russie/

[12] https://fr.azvision.az/news/135544/-relations-entre-la-russie-et-lazerba%C3%AFdjan-comment-la-rupture-du-corridor-nord-sud-pourrait-%C3%A9roder-la-r%C3%A9silience-%C3%A9conomique-de-moscou-.html

[13] La chancelière Angela Merkel s’était déjà rendue en Azerbaïdjan pour des entretiens à propos d’un accroissement de l’approvisionnement en gaz de la mer Caspienne en Europe, alors que les États-Unis intensifiaient déjà  leur pression sur Berlin au sujet du gazoduc Nord Stream 2 qui  devait acheminer directement du gaz de Russie vers l’Allemagne.

 Financial Times,  Merkel backs efforts to find alternatives to Russian gas, 21-08-2018;  https://www.ft.com/content/f1e8c7c2-a524-11e8-8ecf-a7ae1beff35b

[14] https://www.le-gaz.fr/2025/07/26/dici-2027-fini-le-gaz-russe-lue-devoile-son-plan-audacieux-et-ambitieux-pour-liberer-leurope-de-sa-dependance-energetique-inouie/

[15] https://www.eurocontinent.eu/la-crimee-et-la-mer-noire-dans-le-cadre-de-la-rivalite-des-puissances-enjeux-geopolitiques-europeens-et-mondiaux-du-xixeme-siecle-a-aujourdhui/

[16] https://www.eurocontinent.eu/sabotage-de-nord-stream-un-acte-de-guerre-contre-la-russie-et-leurope-dans-linteret-de-washington-et-du-projet-dinitiative-des-trois-mers/

[17] https://www.geopoliticalmonitor.com/the-middle-corridor-a-route-born-of-the-new-eurasian-geopolitics/