Conflit en Ukraine pour le nouvel ordre géopolitique européen et mondial : pourquoi l’axe Washington-Otan-UE-Kiev a déjà perdu et la Russie a gagné
L’axe Washington-Otan-UE-Kiev a provoqué la guerre en Ukraine et l’a perdue. L’objectif géopolitique principal était de faire entrer l’Ukraine, à terme, dans l’OTAN, mais l’intervention russe a définitivement fait échouer cet objectif. Le conflit géopolitique a débuté dès la chute de l’URSS avec l’objectif des États-Unis et de leurs alliés d’encercler la Russie par les élargissements successifs de l’OTAN, notamment le pivot ukrainien et, en tant que phase ultime pour les plus extrémistes des néoconservateurs, de fragmenter le territoire de la Russie.
Le conflit militaire en Ukraine a commencé à l’issue du coup d’État à Kiev en 2014, soutenu par Washington, provoquant le soulèvement des habitants des régions de la Crimée et de la Novorossia, suivi de l’offensive militaire de l’armée de Kiev contre les indépendantistes dans le Donbass. Si les régions du Donbass ont déclaré leur indépendance, les accords de Minsk entre les capitales européennes, Moscou et Kiev ont été ensuite négociés pour tenter d’endiguer le conflit. Ces accords, qui prévoyaient une autonomie du Donbass au sein de l’Ukraine, n’ont pas été appliqués, mais instrumentalisés depuis 2014 par les capitales européennes et Washington pour renforcer Kiev.
À la suite de ce constat, la Russie a exigé en 2021 une nouvelle architecture de sécurité européenne incluant l’arrêt de l’élargissement de l’OTAN. Cette demande a essuyé un refus catégorique de la part de Washington. La Russie est intervenue militairement en Ukraine selon un processus de prophétie autoréalisatrice provoqué par Washington et Londres, déterminés à provoquer le conflit en annonçant l’offensive russe tout en transférant de l’armement à Kiev plutôt que de négocier une nouvelle architecture de sécurité. Les menaces d’intervention de l’armée de Kiev, entraînée et armée par Washington et Londres depuis 2014 dans le Donbass, et ses exactions sur les populations civiles russophones ont aussi précipité l’intervention russe et le processus de réunification avec les territoires prorusses.
Les États membres de l’OTAN, sous la houlette de Washington, se sont ensuite engagés dans une guerre par procuration (ou proxy) avec une cobelligérance hybride en soutien à Kiev de 2022 jusqu’à aujourd’hui. Ils ont implicitement désigné la Russie, qui fait la promotion d’un monde multipolaire et d’une nouvelle architecture européenne de sécurité indivisible et équilibrée, comme l’ennemi afin de préserver l’ordre géopolitique euro-atlantiste exclusif, ancré dans un monde unipolaire et la primauté américaine en Europe et dans le monde.
L’objectif d’infliger une défaite stratégique à la Russie a cependant échoué avec l’accélération du monde multipolaire promu par la Russie au niveau mondial et sa capacité à faire face à une coalition de plus de 35 pays gravitant autour de Washington et de l’OTAN derrière Kiev. L’élargissement de l’OTAN au monde russe est désormais impossible ; la Crimée et les territoires utiles qui la protègent sont réunifiés à la Russie et le système international est définitivement multicentré.
Ce nouvel ordre spatial et géopolitique aux échelles européenne et mondiale obtenu par Moscou explique pourquoi l’axe Washington-Otan-UE-Kiev a perdu et la Russie a déjà gagné ce conflit.
