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Le Brexit dur est nécessaire pour une réforme constructive du projet européen

Les négociations en apparence très technique du Brexit, masquent des enjeux très géopolitiques touchant à la question du pouvoir entre les nations européennes.

Le dilemme est le suivant :

Si à l’issue de la négociation, les Britanniques obtiennent un accord leur permettant d’avoir accès au marché unique, mais sans contribuer au budget, et de choisir de manière sélective ce qui leur convient, la  libre circulation des marchandises et du capital et refuser ce qui ne leur convient pas, la libre-circulation des personnes, quelle sera la valeur ajoutée de la qualité de membre de l’UE ?

Les gouvernements des autres Etats-membres de l’UE attachés à la pérennité de l’UE, sont donc obligés de négocier avec les britanniques un BREXIT dur, qui indique clairement qu’on ne peut pas être à l’intérieur et à l’extérieur à la fois. Le BREXIT dur est ainsi nécessaire pour éviter que le Royaume-Uni ne  garde son influence sur le continent, sans être membre, et de pouvoir diviser l’UE en fonction de ses intérêts.

Ils craignent aussi que cela donne des idées au partis politiques d ‘opposition qui souhaitent aussi un référendum sur l’appartenance de leur propre pays à l’UE Cela risque aussi d’ouvrir aussi la porte ouverte aux revendications de toutes sortes et certains Etats membres demanderaient des dispositions particulières afin de ne garder que les avantages de l’UE à la carte, sans l’ inconvénient de souscrire à toutes les politiques.

On sait aussi que pour la plupart des ces gouvernements, l’idéal serait donc d’annuler le processus de Brexit afin éviter ces négociations à haut risque pour l’avenir de l’UE. C’est pourtant une illusion car on voit mal comment justifier un refus de la démocratie, et  dans l’Etat actuel de l’UE, cela ne passerait plus auprès des citoyens. De plus, si le gouvernement britannique abandonnait le Brexit  par une manipulation juridique ou  un nouveau référendum, il serait obligé de revendiquer de manière plus forte encore sous la pression des citoyens et des partis, des exemptions et un traitement à la carte, à l’intérieur de l’UE afin de regagner la confiance des citoyens qui se sentiraient lésés. Le risque serait grand que l’UE se satisfasse de ce retour des  britanniques et s’imagine revenir à la situation ex ante avant le référendum du Brexit.  Le référendum qui a abouti au processus du Brexit fut pourtant un signal très fort des citoyens sur les impasses de l’UE telle qu’elle fonctionne actuellement. Il serait dommageable d’essayer d’éviter les questions qui fâchent posées par les Britanniques, notamment la question de l’immigration et la libre circulation des personnes, mais aussi la question de la souveraineté entre le niveau national et l’UE.

On sait que l’UE fait face à une crise de ses fondements et le Brexit devait être perçu comme une opportunité à saisir afin de réformer le projet européen. Une réforme fondamentale  du projet est nécessaire afin de l’éloigner des utopies qui  l’entrainent dans la dilution de la globalisation, pour  refonder le projet selon une approche plus géopolitique. Le BREXIT dur force en fait les autres Etats membres à se pencher sur les finalités du projet européen, débat qui a été repoussé depuis trop longtemps.

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