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La Pologne provoque un jeu à somme nulle entre l’UE et l’OTAN

Pour les promoteurs de la vision géopolitique euro-atlantiste, la Pologne est un pays pivot clé pour la défense de l’Europe sur les marches orientales. Pour que ce pays puisse continuer à jouer ce rôle, les euro-atlantistes estiment que la nécessité d’une Pologne forte à l’OTAN mais aussi son rôle moteur au sein du projet de l’Initiative des Trois Mers devraient relativiser les différends entre la Pologne et l’UE  sur la question de l’Etat de droit et des valeurs européennes qui font l’objet d’interprétations différentes, notamment avec  Angela Merkel et Emmanuel Macron.

Pourtant, la complémentarité entre l’UE et l’OTAN est régulièrement mise en avant par les adeptes de l’euro-atlantisme, car l’UE ne saurait être indépendante et souveraine vis à vis  de l’OTAN. Pourtant les Etats comme la Pologne, avec les pays du groupe de Visegrad (Pologne Hongrie, République tchèque, Slovaquie) rendent de plus en plus impossible la préservation d’une Union européen forte, en parallèle d’une OTAN  forte.

En effet, les priorités de la Pologne provoquent une accélération de la fragmentation de l’UE,

1) en s’opposant à la vision d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel sur les valeurs,

2) en faisant la promotion de l’Initiative des Trois Mers, pour réduire sa dépendance énergétique vis à vis de la Russie, la Pologne  s’oppose  à l’Allemagne qui s’approvisionne principalement en Russie, et risque d’accroître la fissure entre les Etats membres de l’UE à l’Ouest et les pays d’Europe centrale et orientale qui souscrivent à ce projet.

3)  en privilégiant l’OTAN, la coopération en matière de défense à l’UE devient subordonnée aux priorités euro-atlantistes, et donc celles des Etats-Unis,  et ne contribuent pas à plus de souveraineté pour les Etats-membres de l’UE

Un jeu à somme nulle entre une UE forte ou une OTAN forte est donc engagé, en raison du positionnement de la Pologne. Cela signifie que si la Pologne renforce son poids dans les institutions euro-atlantiques, cela aboutit de facto à un affaiblissement de l’UE si elle préserve ses paradigmes actuel.  Ces paradigmes  sont une combinaison entre la complémentarité avec l’OTAN, la recherche d’une unité sur les questions énergétiques et une unité sur les valeurs basées sur la démocratie libérale et multiculturaliste.

On peut aussi prévoir que si les Etats-membres sont de plus en plus divisés au sein de l’UE, cela aura aussi à plus long terme un impact sur la cohésion entre les Européens au sein de l’OTAN. Si  l’UE  continue à fonctionner  comme une agence civile et un sous-ensemble sans squelette de l’OTAN,  cela invalide tous les projets de coopération en matière de défense, et les finalités européennes vers plus d’indépendance.

Cette situation paradoxale souligne que l’UE, ne pourra pas échapper à une réforme de ses fondements si l’on souhaite préserver un projet européen qui sera nécessairement différent de l’UE actuelle notamment sur la question des valeurs qui ne font pas l’unanimité et la relation avec l’OTAN.  L’OTAN n’échappera pas non plus au réformes, en raison des désaccords entre Européens mais surtout des incertitudes provoquées par le président américain Donald Trump, qui se méfie des deux organisations, si l’on souhaite préserver le lien transatlantique.

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