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Crise migratoire : Le « Grand Soir » des utopistes européens masque les conflits géopolitiques du futur

La crise provoquée par les désaccords sur la gestion des flux de clandestins sur les territoires des États membres de l’Union européenne après l’ « appel d’air » provoqué par le gouvernement allemand a révélé des finalités géopolitiques variables sur la nature du projet européen et souvent rivales entre États-membres de l’Union européenne mais aussi entre les États et les institutions européennes. Elle a aussi souligné l’absence de « conscience géopolitique » des institutions de l’Union européenne (débat en dehors de tout contexte historique et géographique[1] et l’escamotage des enjeux de pouvoir).

La crise des migrants est une crise géopolitique avant d’être une crise humanitaire comme essayent de la dépeindre exclusivement les activistes des droits de l’homme. Les enjeux de nature géopolitique sont donc évités le plus souvent dans les débats politico-médiatiques car ils sont politiquement sensibles. L’émotion prime sur la réflexion et les décisions sont prises au prisme des idéologies « multiculturaliste » et « hors-sol » dominantes dans les institutions européennes et très répandues dans les partis politiques au pouvoir au niveau national. Il est pourtant nécessaire de se pencher sur les « non-dits » de cette crise pour éviter le déni.

Soulignons avant tout les nombreuses inexactitudes des médias à propos de l’origine des clandestins en provenance des camps de réfugiés et non pas directement des zones de conflits[2]. La majorité écrasante des hommes jeunes parmi ces clandestins montre qu’il s’agit avant tout de migrants économiques. Ces flux correspondent en réalité à une immigration de peuplement.

Si l’on adopte l’angle humanitaire, la meilleure façon de protéger les populations est pourtant d’assurer qu’ils puissent vivre en paix sur leur territoire et donc d’agir à la source du problème et non pas uniquement sur les conséquences. De plus, pourquoi les réfugiés de Syrie auxquels se joignent pour plus de la moitié des migrants d’autres pays attirent soudainement l’attention alors que l’on n’a jamais envisagé de prendre en charge les réfugiés du Donbass qui fuyaient les bombardements des milices du président Ukrainien Porochenko ? Cette discrimination révèle le caractère hypocrite de la gestion de cette crise dépeinte comme une nécessité humanitaire. On a pu observer une sélectivité à caractère géopolitique se basant sur des critères idéologiques entre « bons réfugiés » (ceux qui fuient les régimes désignés comme des adversaires par les Etats-Unis, leurs alliés euro-atlantistes et l’Union européenne) et « mauvais réfugiés » (comme les russophones du Donbass car la Russie a été dépeinte comme « l’agresseur »). Cette crise donne aussi l’impression que le drame des réfugiés est soudainement plus grave sur le plan humanitaire que ce qui devrait provoquer la véritable indignation : les centaines de milliers de morts, dont une grande proportion d’enfants, provoqués par le chaos issu des changements de régimes successifs, en Irak à la suite de son invasion par les États-Unis et leurs alliés européens, en Libye suite à l’intervention de l’OTAN et la Syrie suite à une tentative de changement régime qui a échoué jusqu’à présent. La timidité politique de la classe politique face aux massacres des chrétiens, mis à part quelque exceptions notables, est une preuve supplémentaire de l’imposture de cette conscience morale soudaine.

Les enjeux géopolitiques de cette crise sont en réalité les suivants :

– La question des rivalités de pouvoir pour le contrôle des frontières et du territoire, enjeux liés aux intérêts primordiaux des nations.

– La sécurité des nations de l’Union européenne car la désintégration des sociétés européennes provoquée par une immigration incontrôlée et inassimilable prépare les conflits futurs sur leur propre territoire[3].

– La pérennité de l’essence même des nations européennes, et donc de la civilisation européenne, car l’afflux incontrôlé et toujours croissant de populations provenant de zones en croissance démographique, le Maghreb, le Proche Orient, l’Asie du Sud-Ouest et l’Afrique risque de mettre en danger les équilibres entre Européens autochtones, les populations musulmanes assimilables et donc compatibles avec le concept de nation, et celles qui ne le sont pas à cause l’échec croissant du multiculturalisme et de l’assimilation en Europe parallèlement à la montée de l’Islam politique et radical.

La crise et l’effet d’aubaine dans une Europe fragmentée entre « euro-utopistes » et « nationaux-réalistes »

Le contrôle des frontières est un acte de souveraineté pour maîtriser le territoire. Cette crise migratoire a pourtant dévoilé au grand jour la réalité de « l’Europe passoire » par l’incapacité de l’Union européenne à gérer les frontières extérieures de l’espace Schengen. Elle n’en pas la compétence, mais l’idéologie du sans-frontières du marché unique et le modèle d’Europe ouverte dans les institutions et les gouvernements de la plupart des États-membres en sont les causes premières. On a aussi observé un effondrement sans précédent de l’autorité étatique des États-membres incapables ou réticents à contrôler de manière effective leurs frontières, mis à part la Hongrie, malgré les effets d’annonce sur la suspension temporaire des accords Schengen de libre circulation dans certains États. Après la tempête médiatico-politique des premiers jours, les flux de clandestins se poursuivent à un rythme soutenu sans qu’aucune solution durable n’ait été trouvée pour pallier à ces flux incontrôlés. L’accord controversé sur la répartition des clandestins pris par le Conseil des ministres de l’intérieur le 22 septembre a porté sur 120 00 personnes alors que, selon l’agence Frontex, plus de 630 000 illégaux avaient déjà pénétré l’espace Schengen[4], et qu’on prévoit plus de 1, 5 millions d’entrées[5] en 2015 rien qu’en Allemagne. Un flux d’environ 10 000 personnes par jour se poursuivait encore début octobre en Allemagne. Un réfugié qui obtient l’asile peut faire venir sa famille en Allemagne. Sur la base du chiffre prévisionnel de 920.000 migrants, on pouvait atteindre le chiffre maximal de 7,36 millions de personnes pour une année seulement[6] (ces modalités sont en renégociation au sein de la coalition allemande au pouvoir pour éviter cela ). Ces chiffres s’ajoutent évidement à l’immigration légale en Europe et l’immigration cumulée (légale et illégale) des dernières décennies.

On assiste même à un « black-out » de l’information en France, à l’inverse  de l’Allemagne, pour ne pas exposer aux citoyens cet abandon flagrant de souveraineté et le refus de faire face à cette vague migratoire sans précédent.

L’UNHCR a souligné qu’il ne s’agissait que « du sommet de l’Iceberg[7] ». A court terme, les candidats à l’émigration provenant de l’arc de crise au Sud de l’Europe sont en effet très nombreux. A plus long terme, la démographie de l’Afrique avec plus 2,4 milliards d’habitants en 2050, plus du double qu’en 2013,  annonce des flux potentiels croissants vers l’Europe car on se doute bien que ni les problèmes de développement ni les conflits géopolitiques ne seront résolus d’ici là.   

La crise révèle aussi deux types de fractures :

– La fracture entre les « euro-utopistes » et  les « nationaux-réalistes » au sein de chaque État-membre.

– La fracture entre les États attachés à leur souveraineté et les institutions européennes désireuses d’accroître leur pouvoir.

Cette crise est une aubaine pour les intégrationnistes européens dont la vision est une Union européenne humanitariste désireuse de donner une bonne image d’elle-même[8]. Cette représentation provient surtout d’un sentiment de culpabilité postcoloniale, d’idéal pacifiste et « droit de l’Hommisme». Leur vision de l’Union européenne est aussi celle d’un « empire des normes » basé sur un juridisme utopique qui  insiste sur les droits de réfugiés et non les devoirs[9], tout cela en phase avec l’ultralibéralisme économique. Le matraquage par les médias de la photo du petit Aylan mort sur la plage et l’instrumentalisation politique soudaine de ce drame par la classe politique a consisté à briser toute opposition à cette vague de clandestins en culpabilisant les citoyens.   

La doxa des « euro-utopistes » évacue tout débat rationnel et géopolitique et masque en réalité une tentative de « putsch géopolitique » sur les frontières des État-membres de l’Union européenne. L’objectif est d’imposer des flux migratoires permanents en privant définitivement les États de la maîtrise de leurs frontières et de leur territoire. L’objectif sous-jacent  n’est-il pas de créer une nouvelle nation européenne sur les ruines des vieilles nations du continent ?  La dilution des Européens autochtones par un flot croissant de migrants pourrait faire naître dans leur esprit un nouvel « Homo Europaeus ». L’Union européenne se transforme en laboratoire géant de l’utopie libérale mondialiste[10], qui passe par la destruction des identités nationales mais aussi de l’identité humaine elle-même (idéologie du genre, clonage, manipulations génétiques). La Commission européenne instrumentalise la crise pour tenter de renforcer son propre pouvoir. Elle opère au moyen d’un débat émotionnel et donc irrationnel au nom de la solidarité en forçant les États membres à accepter des quotas migratoires selon la vision d’une « Europe hors-sol »  comme espace ouvert, déconnecté des identités nationales, et régit par des règles universelles (droits de l’homme, politique du genre, libéralisme économique…). L’Union européenne finance ainsi les ONG guidées par les idées auxquelles elle souscrit. La Commission tente aussi de se reconstruire une légitimité très entamée en gagnant le cœur des utopistes pour contrer l’émergence croissante du nombre de citoyens attachés à leurs identités nationales. 

Cette conception se heurte frontalement aux « nationaux réalistes » : L’ancien président tchèque Vaclav Klaus est l’un des rares hommes politiques à s’y être opposé clairement[11] avec le président hongrois Victor Orban et le ministre-président de la Bavière Horst Seehofer. Pour les « nationaux–réalistes »,  le contrôle des frontières fait partie de l’intérêt vital d’un État pour protéger la nation. Il ne peut donc être transféré à une quelconque entité supranationale qui de surcroit défend une idéologie « sans-frontiériste » et « immigrationniste ».

Tentative de prise de contrôle des frontières de l’Union Européenne par l’Allemagne : vers une Union européenne allemande ?

Les propositions de la Commission européenne visant à instaurer des quotas de migrants obligatoires sont  soutenues par le gouvernement allemand. Une partie des élites politiques Allemandes cherchent à imposer leur vision d’une Europe comme sous–ensemble de la mondialisation aux frontières largement ouvertes aux flux économiques, combinant importations, exportations et flux de main d’œuvre provenant du marché mondial du travail pour alimenter la puissance économique allemande et pallier à sa démographie déclinante. Le gouvernement Allemand cherche à européaniser le droit d’asile et in fine, la question migratoire, ce qui reviendrait, de facto, à garder la main d’œuvre compétente en Allemagne qui est le pays ciblé par les migrants et déverser le trop plein vers les autres pays[12].

Derrière le vote à la majorité qualifiée sur la répartition des réfugiés et la proposition d’un système obligatoire de quotas migratoires se cache donc un abandon de souveraineté supplémentaire pour la gestion des frontières et du territoire des nations européennes à une bureaucratie supranationale, avec le soutien du gouvernement d’Angela Merkel. Même si les quotas obligatoires ont été temporairement abandonnés par absence de consensus, les juristes de la Commission européenne cherchent à créer un précédent en martelant que la répartition décidée le 22 septembre est obligatoire, ce qui constitue une contradiction de taille. Angela Merkel a ainsi rappelé dès le lendemain du sommet européen que l’Union européenne était très loin d’une solution sur la répartition des migrants et qu’il fallait des quotas durables. La décision d’Angela Merkel[13] n’est pas le fruit d’une erreur politique, mais d’une volonté politique. Même après le rétablissement des frontières de l’Allemagne (en réalité fictif) qui fut interprété comme un revirement pour contenir le chaos provoqué par l’appel d’air initial, la Chancelière persiste et signe.

L’Allemagne confond l’Union européenne, qu’elle estime apte à gérer la question des clandestins sur un mode fédéral, avec son propre système fédéral qui impose une répartition obligatoire des réfugiés entre Länder. Les propositions du gouvernement allemand reviennent de facto à une prise de contrôle des frontières de l’Union qui deviennent ainsi les frontières de l’enveloppe géoéconomique allemande dépassant de loin ses frontières nationales : l’Allemagne pourrait donc assurer un flux continu  de migrants économiques tout en régulant ce flux en fonction de ses besoins derrière le paravent des règles européennes. L’idée d’un chantage a même été exprimée vis-à-vis des pays d’Europe centrale qui ne participeraient  pas à l’effort de solidarité, en menaçant de les couper des fonds structurels de l’Union européenne. Le gouvernement allemand, pourtant sourcilleux sur le respect des règles européennes notamment en matière économique, n’a pas respecté les règles en matière d’asile (ni la conférence de Dublin, ni Schengen) mais cherche à imposer sa vision au nom de la solidarité et de la morale.

La posture du gouvernement allemand rencontre pourtant des oppositions croissantes de différentes natures  au sein de sa propre coalition de gouvernement, mais aussi de la part des autres États-membres.

Le débat interne en Allemagne a vite fait éclater le consensus au sein même du gouvernement puisque la CSU, par la voix de son président Horst Seehofer[14], s’est rangée du côté de Viktor Orban qui a critiqué « l’impérialisme moral » d’Angela Merkel. L’accord probablement temporaire du 4 novembre obtenu par la coalition au pouvoir en Allemagne entre les partis CDU, CSU et SPD démontre pour l’instant une victoire pour la politique d’ouverture d’Angela Merkel et du parti socialiste allemand, mais ne tarit pas pour autant les débats et les désaccords qui annoncent d’autres négociations difficiles[15]. Les réticences croissantes des citoyens allemands après l’empathie des premiers jours est de plus en plus en phase avec la méfiance des Français vis-à-vis de ces flux de clandestins. Dans les deux pays, les gouvernements se retrouvent en porte à faux avec leur opinion publique.    

Une différence plus difficile à surmonter entre l’Allemagne et la France porte non seulement sur les héritages historiques, mais aussi sur les contextes politiques différents. La  posture du gouvernement allemand, dans un premier temps, fut en phase avec les  citoyens Allemands qui gardent en mémoire les transferts de populations dont ils ont pâtis au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. En ce qui concerne le contexte politique, l’absence d’attentats récents sur le sol allemand a entraîné une réaction plus empathique des Allemands par rapport à la France qui  est aussi confrontée à la question postcoloniale.

Du point de vue des représentations, l’Europe « humanitariste et moraliste » sans considérations de puissance sied à beaucoup d’Allemands. Comme les représentations historiques sont divergentes avec les autres nations européennes, notamment la France qui porte toujours le concept d’« Europe puissance », les divisions politiques vont se renforcer dans l’Union européenne.

L’Allemagne a aussi subit la forme la plus avancée de l’américanisation en Europe après la Seconde Guerre mondiale et le modèle multiculturaliste américain est donc plus admiré qu’en France. Selon cette vision, l’Allemagne est une sorte de « nouvelle Amérique » qui  accueille tous les réfugiés et déracinés du monde entier pour constituer un nouvel ensemble géopolitique inspiré des États-Unis d’Amérique. Il n’est donc pas étonnant que les « euro-utopistes » soient en phase avec le gouvernement allemand dans leur quête de construire les États-Unis d’Europe, sur des principes universels et au moyen d’une immigration massive.  Cette crise met clairement en lumière les racines idéologiques du projet fédéral européen, qui se trouvent aux États-Unis. La crise des migrants et la manière dont elle est gérée constitue donc bien une ultime forme d’américanisation de l’Europe. Sans surprise, Barack Obama a ainsi remercié Angela Merkel pour l’ouverture des frontières allemandes[16] (voir à ce propos le paragraphe « Les flux migratoires comme arme géopolitique »).

La République Ouest-allemande s’est bâtie aussi selon les principes ordo-libéraux de l’école de pensée économique de Fribourg, où l’État est une entité dont la souveraineté est encadrée par le marché, au contraire de l’État-nation français où la puissance politique est supposée contrôler l’économie.

Ces différences n’ont pas empêché les gouvernements français et allemand d’adopter une position commune au Conseil des ministres de l’intérieur et au sommet européen afin de montrer un « couple franco-allemand » uni pour camoufler les divergences au début de la crise. Le gouvernement français était opposé aux quotas obligatoires mais a du se résoudre à les accepter. L’objectif était aussi de se maintenir au sommet de la hiérarchie du pouvoir européen avec l’Allemagne face à la réticence des pays d’Europe centrale. Le gouvernement socialiste, attaché à son image de « patrie des droits de l’homme » est en réalité en phase avec le gouvernement allemand pour alimenter l’Europe en flux démographiques, pour des raisons sensiblement différentes, même si la pression des partis de droite et de l’opinion les pousse à plus de prudence en phase électorale, du moins verbale. Les représentations historiques, bien que différentes des deux côtés du Rhin jouent aussi un rôle fondamental. Lors de l’éclatement des révolutions arabes, cette surprise stratégique fut comparée par les Allemands à la chute du mur de Berlin et l’effondrement des régimes communistes en Europe de l’Est, tandis qu’en France, la révolution française et 1789 fur la référence historique. Dans les deux cas, ces représentations ont créé l’illusion de l’évolution inexorable des peuples arabes vers la démocratie occidentale, alors que l’on fait face à une crise géopolitique où les luttes de pouvoir sont les facteurs déterminants. En somme deux illusions qui perdurent encore aujourd’hui dans le système politico-médiatique.    

La mise en scène du « couple franco-allemand » est toujours liée à la gravité d’une crise et d’un désaccord initial. Le gouvernement français pusillanime use de prouesses de communication pour faire croire à un « couple franco-allemand » équilibré, alors que le gouvernement allemand prend de plus en plus ses décisions de manière unilatérale.  Pour créer l’illusion du  pouvoir, soit le gouvernement français s’aligne alors qu’il avait une position différente au départ, soit il cache ses vrais intentions derrière l’Allemagne pour en faire une proposition franco-allemande. Les Allemands, de leur côté, sont désireux de ne pas apparaître en position hégémonique et jouent le jeu. Cette obsession de l’image du « couple franco-allemand » maintien en réalité l’Union européenne dans une léthargie stratégique prolongée et empêche sa réforme radicale. Cependant, cette unité de façade ne doit pas faire illusion sur les divergences qui risquent de s’accentuer à plus long terme avec la dynamique politique spécifique à la France.

Allemagne et France : entre rivalité démographique et rapprochement patriotique

Le gouvernement français socialiste, malgré la méfiance d’une majorité de citoyens envers ces flux migratoires et favorables à la fermeture des frontières, est en faveur d’une immigration dont il profite électoralement. 

On peut pourtant s’attendre à des tensions à l’avenir pour la mise en œuvre des décisions si le balancier politique est modifié après les élections présidentielles de 2017. Comme la compétence du contrôle des frontières pour réguler l’immigration relève de cœur de la souveraineté des États car il s’agit de la maîtrise du territoire national, l’exigence du consensus pour les décisions européennes reviendra sans doute en force à la table des négociations. Cette crise annonce l’exacerbation des rivalités franco-allemandes, si l’Allemagne persiste dans la voie actuelle, avec une France dont le balancier politique se déplace de manière croissante vers les partis en phase avec l’attente des citoyens pour un retour à l’État fort, à l’identité nationale, aux frontières afin de faire face au  « conflit de civilisation » qui se profile[17] 

Le débat politique qui s’envenime progressivement en Allemagne et en France sous la pression du mécontentement de la majorité des citoyens est un obstacle de taille à l’acceptation de l’évolution actuelle. En raison de son histoire récente, le patriotisme a été longtemps suspect en Allemagne. Les oppositions à une politique multiculturaliste et immigrationniste en partie contenues (comme le mouvement PEGIDA) vont forcément renaître avec les déboires de l’immigration, et peuvent aussi rapprocher les points de vue entre Français et Allemands. Horst Seehofer, partenaire de coalition au pouvoir d’Angela Merkel, le parti chrétien social bavarois (CSU) a souligné que l’équilibre culturel de l’Allemagne était en danger. De nombreux membres de la CDU comme Markus Söder, le ministre bavarois des Finances Hans-Peter Friedrich, membre de la CSU ont aussi exprimé leur désaccord sous des formes diverses avec le danger de la perte de contrôle des frontières, les agents islamistes ou la saturation des capacités d’accueil. En France, le Front national, qui constitue déjà le groupe le plus important au sein de la délégation nationale au Parlement européen, a énoncé le plus clairement les failles de « l’Europe passoire », en phase avec la majorité des militants du nouveau parti Les Républicains, ses dirigeants étant divisés sur la question. Ce débat géopolitique ne fera que croître avec les crises successives qui s’annoncent.

Un autre enjeu est celui de la rivalité démographique entre États-membres de l’Union européenne pour atteindre un poids démographique et une main d’œuvre suffisante dans les rivalités de pouvoir politiques et économiques.  L’économiste américain Joseph Stiglitz a dévoilé cet enjeu totalement escamoté du débat public « Regardez ce qui se passe dans l’Union européenne. La population française croît alors que la population allemande décroit. Un jour la France sera plus peuplée au sein de l’Union européenne et donc plus puissante que l’Allemagne. Les nouveaux venus peuvent renverser cette tendance »[18]

Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne se concurrencent avec l’espoir qu’une population importante leur donnera plus de pouvoir, démographie et puissance étant partie liées. La volonté de la France d’équilibrer l’Allemagne a toujours été un non-dit dans la relation franco-allemande. C’est dans cette optique que de nombreux acteurs politiques à droite comme à gauche ont toujours espéré canaliser les flux démographiques en provenance d’Afrique et du Maghreb pour renforcer la démographie française. L’idée s’inscrit en réalité dans une utopie géopolitique : celle de  l’« Eurafrique » ou l’Europe s’orienterait vers la Méditerranée et l’Afrique de manière plus franche pour donner à la France plus de poids géopolitique par rapport à l’Allemagne plus peuplée, mais dont le taux de natalité très bas fait décroître la population. Cette vision constitue une dangereuse illusion car la perte de cohésion de la société est une menace plus grave encore avec l’échec croissant de l’assimilation. 

La fracture Est-Ouest dans l’Union européenne

La hiérarchie du pouvoir dans l’Union européenne est apparue au grand jour lors des décisions européennes sur la répartition des réfugiés  avec la mise en minorité de quatre pays, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie[19] et la Roumanie, tandis que la Finlande s’est abstenue. Une fracture Est-Ouest s’installe dans le paysage de l’Union européenne de manière durable et montre l’impossibilité d’une Europe intégrée sur les questions fondamentales de souveraineté nationale. En réalité, les citoyens à l’Ouest, à l’inverse de leur propre gouvernement, sont souvent en phase avec les préoccupations des pays d’Europe centrale, notamment en France et en Allemagne. Les pays d’Europe centrale, en phase avec une majorité de citoyens à l’Ouest, à l’inverse des élites euro-globalistes, défendent l’Europe civilisationnelle et organique (territoire, langue, culture, architecture, religion chrétienne, l’Europe à prédominance slave, latine, germanique, hellène et anglo-saxonne telle que de Gaulle concevait aussi l’Europe, même si des citoyens issus d’autres peuples peuvent y être accueillis, à condition de s’assimiler). Ils ne veulent pas suivre les modèles français, allemand ou britannique où les limites de l’assimilation et du multiculturalisme a été amplement démontrée et font désormais office de repoussoir. Cette « Europe organique » est évidemment en opposition avec le concept flou et jamais réellement  défini de « l’Europe des valeurs »  défendu par l’Union européenne, en dehors de tout contexte historique et géographique.

Les gouvernements des pays d’Europe centrale ont donc cherché à torpiller l’idée de quotas obligatoires. Les États récalcitrants ont annoncé qu’ils n’acceptaient pas cette vision « juridiste ».

Les flux migratoires comme arme géopolitique

Si l’on se place à l’échelle mondiale, la crise migratoire prend une autre dimension : celle des migrations comme arme géopolitique de déstabilisation entre nations concurrentes.

L’orientation des flux de réfugiés vers l’Europe sont ainsi une arme des États dont l’objectif est, soit de faire tomber le régime de Bachar el Assad en vidant l’armée syrienne de combattants, soit de provoquer un nettoyage ethnique, soit de déstabiliser l’Europe à plus long terme. Il est significatif que de nombreux États extra-européens à la source du problème refusent leur part de réfugiés.

Les États-Unis et leurs alliés euro-atlantistes sont évidement largement responsables de cette situation pour avoir déstabilisé la région par une politique de changements de régimes en Afrique du Nord et au Moyen Orient aboutissant aux guerres civiles et au renforcement des  Islamistes. Une source autrichienne a avancé l’hypothèse que les États-Unis seraient l’un des pays source du financement de ces migrations[20]. Le financier et « oligarque mondialiste » George Soros a ainsi proposé que l’Union européenne fasse entrer un million de migrants par an dans l’Union européenne[21].

Avançons l’hypothèse suivante : cette nouvelle forme de déstabilisation à long terme permettrait de diluer définitivement les identités nationales et de construire une Europe sans ossature politique  comme  espace  de consommation avec des citoyens adhérant à des grands principes le plus souvent issu des États-Unis, c’est à dire un sous-ensemble de la mondialisation avec les États-Unis comme chef de file.

La déstabilisation des sociétés européennes par le terrorisme et la dégradation sécuritaire dans sa proximité géographique est de nature à prolonger indéfiniment la présence de l’OTAN, outil majeur d’influence sur les Européens. Par ailleurs, des dissensions politiques au sujet de la gestion des migrations peuvent être instrumentalisées contre les pays récalcitrants, comme la Hongrie soucieuse de préserver la nation, pour provoquer éventuellement un changement de régime car Viktor Orban a osé promouvoir une vision « illibérale » de l’État et critiqué la politique d’isolement de la Russie.

Le président Obama ne s’est pas gêné de pratiquer l’ingérence à la veille du sommet européen pour demander aux Européens d’accueillir les clandestins alors qu’ils n’en acceptent sur leur territoire qu’une part très modeste pour des raisons de sécurité.

Les États-Unis sont mieux protégés par leur position géographique entre deux océans, et font de l’espace européen  la variable d’ajustement de leur politique étrangère, car l’espace européen est plus directement sous influence des crises.

La Turquie, par une politique laxiste[22] vis-à-vis des flux de migrants provenant des camps de réfugiés, démontre que si elle n’obtient pas d’avancées significatives dans le cadre des négociations d’adhésion à l’Union européenne, elle ne contrôlera plus les flux migratoires qui traversent en majorité son territoire. L’objectif est aussi d’exercer un chantage sur les Européens afin qu’ils ne puissent pas critiquer le soutien du président turc Erdogan à certains rebelles Islamistes en Syrie et les opérations militaires contre les Kurdes. Cela fonctionne puisque le président Erdogan a déjà obtenu lors du sommet du 15 octobre à Bruxelles des fonds supplémentaires pour les camps de réfugiés, une relance des négociations d’adhésion à l’Union européenne, des avancées dans la négociations sur les visas et les bombardements contre les Kurdes sous couvert de lutte contre l’Etat islamique n’ont provoqué aucune critique officielle, car l’Union européenne et les chefs d’Etats européens estiment qu’ils ont besoin de la coopération de la Turquie. Cette stratégie affaiblit aussi la Syrie en la vidant de sa population pour construire un État satellite sunnite après l’éviction éventuelle du régime de Bachar el Assad.

L’Arabie Saoudite et le Qatar déstabilisent aussi la Syrie depuis le début de la crise en soutenant les rebelles islamistes. Cela provoque un afflux de réfugiés dont ils refusent l’accueil, faisant grossir en Europe les minorités musulmanes qui seront un terreau favorable à leur prosélytisme islamiste.

Un mauvais scénario pour la sécurité européenne

L’Union européenne, à l’inverse de l’élaboration d’une alliance pour atteindre la puissance, défendre son territoire, et promouvoir les éléments de civilisation communs entre ses nations afin d’assurer un espace de sécurité à ses citoyens, accélère sa fuite en avant dans un modèle ouvert et multiculturaliste, ouvert à tous les flux humains et économiques.  Au lieu d’une « Europe forteresse » et sécurisée, c’est un espace de fragmentation, de conflits religieux et sociaux qui risque d’émerger rapidement.

On observe parallèlement un matraquage du lobby de l’antiracisme idéologique[23] subventionné qui affaiblit la capacité de résilience des peuples européens en instruisant des procès inquisitoires en islamophobie pour couper court à tout questionnement. On observe aussi un déchainement de vulgarité sans précédent dans l’espace culturel sous la poussée du multiculturalisme bas de gamme et hypermédiatisé.

 L’Europe devient donc une variable d’ajustement des crises mondiales et un espace ouvert à tous les vents, un sous-ensemble sans squelette de la mondialisation  dont le destin est décidé par d’autres.

En réalité, avec l’immigration de masse se préparent les conflits de demain sur le sol européen et selon le scénario du pire, des guerres civiles de nature religieuses à l’image de la Syrie, ou ethniques comme en Afrique, manipulées par des acteurs extérieurs hostiles. Dans l’histoire, toute société trop fragmentée incapable d’imposer un ciment commun a fini par s’effondrer. Pour preuve de ces conflits qui s’annoncent, les Islamistes menacent déjà les chrétiens[24] dans les centres de réfugiés en Allemagne. 

La constitution parallèle d’États islamistes hostiles sur le flanc Sud de l’Union européenne, comme l’État islamique, combiné aux flux incontrôlés de populations,  augmente le risque d’instrumentalisation des minorités sur le sol européen pour déstabiliser les sociétés par la pratique du terrorisme et exercer un chantage politique, ou de manière plus indirecte, par une pression croissante sur les modes de fonctionnement des sociétés européennes poussant à la destruction progressive de leur identité d’origine.            

Une partie des migrants viendra inéluctablement grossir les minorités refusant leur assimilation aux mœurs nationales, et leur rejet par les citoyens autochtones renforceront les frustrations réciproques. Cela pourrait faciliter le basculement de certains d’entre eux dans les rangs d’une cinquième colonne manipulable par les États extérieurs hostiles. Ce sont les minorités violentes qui impriment leur marque dans l’histoire. 

Une Union européenne aux paradigmes obsolètes.

On assiste à une poursuite de la décrédibilisation de l’Union européenne dont la fonction première devrait être de protéger les citoyens vis-à-vis des menaces à leur sécurité, sécurité identitaire comprise.

Des quotas obligatoires de migrants renforceraient l’ « appel d’air » et les flux  légitimant les projets de la Commission européenne qui rehausserait régulièrement ces quotas afin de mettre en œuvre sa vision « immigrationniste ». La répartition des clandestins ne répond évidemment pas à l’ampleur des flux et annonce les difficultés futures.

Si la vision d’une Europe « hors-sol » et « immigrationniste » comme sous-espace de la mondialisation s’impose, c’est évidement la mort de la finalité du projet européen comme puissance politique qui s’annonce. L’Europe devient progressivement un ensemble géographique dont les fractures internes entre minorités non-assimilées et citoyens autochtones, entre profiteurs et perdants économiques de la mondialisation, entre États-nations aux finalités divergentes et alliances incompatibles qui déstabiliseront les sociétés européennes jusqu’à l’implosion à long terme selon le scénario  le plus extrême.

A l’image d’une alliance, si l’Union européenne prétend avoir une finalité politique,  sa valeur ajoutée pour ses citoyens devrait être justifiée par le gain de sécurité et de puissance, c’est à dire la garantie de la survie  dans un monde marqué par les rivalités géopolitiques croissantes. La mondialisation est une lutte de répartition des espaces géopolitiques. 

L’Union européenne, par la voix de la haute représentante en charge du service européen d’action extérieure (SEAE) Federica Mogherini, donne une image ambigüe face à la crise. En positionnant de manière quasi exclusive l’Union européenne comme « Europe des valeurs », elle confond cette entité avec une ONG humanitaire.  Mis à par les « euro-utopistes », les citoyens des nations européennes découvrent de manière flagrante que l’Union européenne est incapable de les protéger. Face aux dérives actuelles, les citoyens se demandent de plus en plus s’ils n’auront bientôt à choisir qu’entre deux alternatives : la mort de l’Europe comme civilisation ou la mort de l’Union européenne. On l’a vu, les « euro-utopistes » conçoivent l’Europe avant tout comme une portion de territoire de l’espace terrestre régit pas des règles à valeurs universelles (souvent importées des États-Unis comme le communautarisme/multiculturalisme). Cette conception s’oppose à l’Europe charnelle marquée par les spécificités physiques et humaines provenant d’une histoire et la géographie particulière qui a produit la  diversité des nations et les traits communs de civilisation. L’Union européenne devient ainsi de plus en plus étrangère à l’Europe géographique et historique.

Cette crise révèle la faillite du modèle intégrationniste de type fédéral puisque les États ont ouvert leurs frontières pour mettre en œuvre l’espace Schengen, mais l’Union européenne sera toujours dans l’incapacité de protéger les frontières par incapacité physique et surtout par idéologie, car c’est contre sa nature même.

Perspectives :

1- La souveraineté des nations européennes passe par la réhabilitation de la frontière et du concept de Nation

Comment faire cohabiter dans le projet européen des États qui ont choisit (temporairement?) le multiculturalisme comme l’a fait le gouvernement allemand, sans consultation préalable avec des États  comme la Hongrie qui refusent ce modèle pour préserver leur identité nationale, et des États comme la France  dont le modèle assimilationniste ne fonctionne plus en raison des flux d’immigration trop importants et réticente au communautarisme qui contredit l’essence même de son modèle ? Avec des frontières ouvertes, les clandestins régularisés dans un des pays de l’espace Schengen pourront circuler sans entraves et cette situation imposera de facto aux États récalcitrants une immigration non choisie. Les clandestins cherchent aujourd’hui à rejoindre en priorité l’Allemagne et les pays nordiques, mais se répartiront plus tard dans tout l’espace Schengen.

Les décisions prises par l’Union européenne pour tenter de tarir les flux de clandestins sont évidemment insuffisantes[25] et n’ont pour objectif que de les réguler sans les arrêter. La déclaration du président de la Commission Jean-Claude Juncker, de manière prévisible, augure mal de leur efficacité et de la volonté réelle d’endiguer le phénomène : « Nous avons eu assez longtemps un mur en Europe », a-t-il dit. « Et nous n’avons certainement pas besoin d’en avoir entre pays membres de l’UE. »[26]

Plusieurs dérives graves peuvent ainsi à l’avenir porter atteinte à la sécurité identitaire des nations européennes :

– L’émergence d’un Islam fondamentaliste et politique avec la création de partis musulmans et l’émergence de territoires où la charia s’imposera de facto devant le laxisme des partis politiques en concurrence pour attirer l’électorat musulman[27].

– La généralisation du modèle multiculturaliste et communautariste américain avec toutes ses dérives (le voile dans l’espace public, les quotas ethniques[28], la concurrence des mémoires historiques ou la réécriture de l’histoire…). Cela ne correspond pas à la civilisation européenne et favorise dans le meilleur des cas l’intégration des citoyens mais pas leur assimilation.

– L’ingérence des gouvernements extérieurs vis à vis des minorités qu’ils souhaitent utiliser comme levier politique ou arme de chantage comme le meeting politique du président turc Erdogan à Strasbourg[29] pourtant autorisé par le gouvernement Hollande[30]. Le président Erdogan avait déjà déclaré que « l’assimilation est un crime contre l’humanité »[31] à Berlin en 2008.

Un État souverain est précisément un État qui est en mesure de contrôler ses frontières pour décider souverainement qui a le droit d’y entrer, en fonction de sa sécurité au sens large. 80% des Français sont favorables au rétablissement des contrôles aux frontières[32]. La réhabilitation de la frontière et de la Nation est donc une étape nécessaire pour préserver la stabilité future de l’Europe. Une politique nataliste au niveau national et un meilleur équilibre entre le droit du sang[33] et le droit du sol sont aussi des pistes à examiner.

Malgré l’interprétation des juristes de l’Union européenne, ce sont les situations de crise et leur traitement politique qui s’imposera selon le principe du philosophe allemand Carl Schmitt : « Est souverain celui qui décide de l’état d’exception ». Les décisions politiques se surimposent au droit lorsque survient une crise. La Hongrie de Victor Orban a démontré qu’avec la volonté politique, on peut contrôler les frontières d’une nation et c’est à ce niveau que cela fonctionne plus efficacement. L’Union européenne en est incapable car cela supposerait qu’elle soit elle-même une nation désireuse de contrôler son destin et qu’elle obtienne la compétence exclusive du contrôle des frontières avec les moyens matériels et financiers adéquats.

C’est seulement après avoir repris le contrôle des frontières nationales et les frontières extérieures de l’Union européenne avec la remise en cause de l’espace Schengen tel qu’il fonctionne aujourd’hui que les flux peuvent être régulés en fonction des intérêts européens. La nécessaire distinction entre les différents types de clandestins, migrants  économiques, les réfugiés fuyant la guerre, les terroristes et agents d’influence qui s’infiltrent parmi les réfugiés, pourrait alors être effectuée.

2-La solution passe par plus de réalisme géopolitique en Syrie

L’hystérie politico-médiatique occulte  aussi la responsabilité écrasante des erreurs stratégiques successives de politique étrangère, de sécurité et de défense commises par les États-membres et les institutions européennes. Avant la guerre, la Syrie de Bachar el Assad était stable, les minorités, notamment chrétiennes, étaient protégées et le modèle politique d’Etat fort et laïque était plus proche du modèle de l’État-nation « bonapartiste » à la française. On risque désormais une implosion en différentes entités dominées pas des Islamistes hostiles aux Européens.  L’équilibre régional issu des accords de Sykes-Picot est en train de voler en éclat, et les nations européennes, Russie comprise doivent veiller à ce que le nouvel équilibre ne leur soit pas défavorable pour garantir leur propre sécurité  et celle des populations de la région.

C’est pourtant la politique inverse qui a été jusqu’ici poursuivie. L’obsession affichée de vouloir pousser à un changement de régime en Syrie par les gouvernements américains, français et britanniques a favorisé  la montée en puissance des Islamistes[34] et la dégradation de la situation sécuritaire pour les populations.

Les sanctions absurdes de l’Union européenne vis-à-vis du régime Syrien ont détruit en plus de la guerre le tissu social et sont aussi responsable de la fuite des Syriens à l’étranger. Ces sanctions ont été décidées encore une foi à partir de l’idéologie des droits de l’homme et de la doctrine de l’exportation de la démocratie, politiques qui aggravent finalement la sécurité et la stabilité de l’Union européenne.

Plutôt que de se voir acculés à accueillir des réfugiés en urgence sans aucun moyen de contrôle, c’est la stabilisation de la situation politique en Syrie qui devrait primer pour les Européens. La meilleure façon de protéger les populations syriennes est de soutenir le régime syrien légal pour éviter un vide de puissance plus néfaste encore, et contrer les Islamistes afin que les populations puissent vivre en paix sur leur propre territoire. Le réalisme implique donc d’agir en coordination avec la Russie, l’Iran et l’Irak. La popularité de Bachar el Assad auprès de beaucoup de Syriens reste forte, surtout parmi les minorités chrétiennes. La Russie, préoccupée de sa propre sécurité, avait établi le diagnostic géopolitique correct dès l’origine du conflit. Avec son implication  militaire plus franche dans le conflit, elle défend de facto les intérêts de sécurité de toute l’Eurasie puisque l’objectif est de défaire où à minima de contenir tous les groupes Islamistes en soutenant les seules forces au sol capables de changer la situation, l’armée syrienne légitime, le Hezbollah et les Iraniens. La Russie est la meilleure alliée des États-membres de l’Union européenne pour faire face à l’arc de crise au Sud du continent eurasien car leurs intérêts géopolitiques coïncident largement (comme il a été souligné dans de nombreux articles sur www.eurocontinent.eu[35]. )

Annexe :

La série de trois articles publiés précédemment qui posent un diagnostic géopolitique de la situation et propose des stratégies alternatives :

 http://www.eurocontinent.eu/2014/09/lete-meurtrier-encerclement-de-leurope-par-le-chaos-euro-atlantiste-i/

http://www.eurocontinent.eu/2014/09/les-interets-geopolitiques-de-lunion-europeenne-et-de-ses-etats-membres-limportance-du-flanc-oriental-menaces-et-risques-en-europe-ii/

http://www.eurocontinent.eu/2014/09/les-interets-geopolitiques-de-lunion-europeenne-et-de-ses-etats-membres-les-grandes-lignes-dune-strategie-geopolitique-europeenne-iii/


[1] D’où le terme choisi « euro-utopiste » car utopie veut dire « sans lieu » en grec

 

 

 

[2]Roland Hureaux les nomme des “réfugiés secondaires”. http://www.atlantico.fr/decryptage/10-raisons-pour-lesquelles-crise-migrants-explose-maintenant-alain-chouet-roland-hureaux-2346516.html/page/0/3

 

 

 

[3] Cette perspective a été très bien décrite par Thierry Giacardi « Les tension d’aujourd’hui, demain les conflits », Revue Défense Nationale, Avril 2013,  n°759.

 

 

 

[4] http://www.dna.fr/politique/2015/10/05/frontex-gardienne-de-l-europe

Le UNHCR a décompté l’arrivée d’environ 500 000 clandestins. http://data.unhcr.org/mediterranean/regional.php

 

 

 

[5] Le gouvernement allemand annonçait vouloir accueillir 800 000 personnes tandis que le chiffre était revu à la hausse début octobre 2015, exposant la spirale incontrôlable de ce processus.  http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/10/05/97001-20151005FILWWW00052-allemagne-jusqu-a-15-million-de-refugies.php

 

 

 

[6] http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/10/05/97001-20151005FILWWW00052-allemagne-jusqu-a-15-million-de-refugies.php

 

 

 

[7] http://www.theguardian.com/world/2015/sep/25/eu-refugee-crisis-tip-of-iceberg-unhcr

 

 

 

[8] Entretien de Mme Mogherini par le journaliste Jean Quatremer, lui-même idéologue du fédéralisme postnational européen,  http://www.liberation.fr/monde/2015/09/15/federica-mogherini-si-nous-refoulons-les-refugies-quel-message-envoyons-nous-au-monde_1383214

Le déni géopolitique de la Commission européenne est flagrant et propose de contrer et réduire le débat sur le questionnement légitime par rapport à la question de l’Islam politique.  https://euobserver.com/justice/130518

 

 

 

[9] Par exemple, l’activiste Yves Pascouau de l’Institut « Notre Europe Jacques Delors »

http://www.cafebabel.fr/bruxelles/article/migrations-europeennes-une-radioscopie-politique.html

 

 

 

[10]  A ce propos, lire l’article remarquable de Pierre le Vigan : “Une nouvelle vague d’immigration, qui veut la peau de l’Europe ? ”. http://euro-synergies.hautetfort.com/tag/immigration

 

 

 

[11] http://www.welt.de/debatte/kommentare/article146615320/Merkel-erweist-Europa-einen-Baerendienst.html

 

 

 

[12] L’afflux migratoire ne peut portant pas résoudre à lui seul le financement des retraites avec le vieillissement de la population car il est aussi  une conséquence  de l’extension de l’espérance de vie et pas seulement d’une natalité faible.

 

 

 

[13] Angela Merkel a déclaré que « Ce que nous vivons est quelque chose qui va continuer à nous occuper dans les années à venir a affirmé ce lundi la chancelière, quelque chose qui va nous changer, et nous voulons que le changement soit positif ».  La chancelière  s’est félicitée que  « l’Allemagne soit devenue un pays avec lequel les gens associent de l’espoir. C’est quelque chose de très précieux, si l’on regarde notre histoire. »  http://www.rfi.fr/europe/20150907-arrivee-refugies-allemagne-va-changer-le-pays-refugies-merkel-accueil-syrie-soudan-e

 

 

 

[14] http://www.faz.net/aktuell/politik/fluechtlingskrise/asyldebatte-seehofer-attackiert-merkel-abermals-13833633.html

 

 

 

[15] La création de centres de transit près des frontières,  proposition de la CSU pour tarir le flot de migrants, a été refusée, notamment par le SPD. Des centres d’enregistrement seront ouverts sur le territoire allemand, mais les conditions d’octroi du statut de réfugié et le droit au regroupement familial devraient être rendus plus difficiles sans remettre en cause le principe d’ouverture. La mise en œuvre effective de ces mesures devant le flot ininterrompu de réfugiés doit encore être démontrée.

 

 

 

[16] http://www.spiegel.de/politik/ausland/fluechtlingskrise-auslaendische-medien-loben-deutschland-als-vorbild-a-1050931.html

 

 

 

[17] Après les attentats à Paris en juin 2015, le premier ministre Manuel Valls a souligné que  « Nous ne pouvons pas perdre cette guerre parce que c’est au fond une guerre de civilisation. C’est notre société, notre civilisation, nos valeurs que nous défendons », et pris à contrepied son propre camp qui a régulièrement refusé de faire sienne cette analyse.
http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/06/29/la-guerre-de-civilisation-de-valls-rejouit-la-droite_4663488_823448.html#Ebu5T4GDu5AjcxGH.99

 

 

 

[18] http://www.welt.de/wirtschaft/article146478956/Deutschland-hat-Glueck-mit-seinen-Fluechtlingen.html

 

 

 

[19] La Slovaquie a déposé une plainte à la Cour de justice européenne le 30 septembre contre la décision prise par le conseil de ministres de l’intérieur à la majorité qualifiée le 22 septembre pour redistribuer 120 000 réfugiés, alors que quatre États-membres y étaient opposés. Sur des questions aussi sensibles, les décisions étaient prises jusqu’à présent par consensus, et ce nouveau mode opératoire abouti donc à un problème grave de légitimité. Dans les traités, le principe de quotas obligatoires pour la répartition des réfugiés est également inexistant.

 

 

 

[21] http://www.welt.de/debatte/kommentare/article147061754/George-Soros-Plan-fuer-Europas-Fluechtlingskrise.html  On ne sera donc pas étonné de lire que l’Open society George Soros pousse à une politique immigrationniste en Europe  https://www.opensocietyfoundations.org/explainers/understanding-migration-and-asylum-european-union

 

 

 

[22] Cette attitude a été critiquée par le député européen Michael Gahler de nationalité allemande à la conférence Hans Seidel Stiftung le 14 septembre à Bruxelles

 

 

 

[23][23] Alain Finkelkraut s’est insurgé contre l’amalgame fait « entre la Croix de Lorraine et la Croix Gammée »  dans l’affaire » Nadine Morano » qui a repris un commentaire du général de Gaulle et s’est fait traitée de raciste par les inquisiteurs du système politico médiatique.

On notera aussi la malhonnêteté du débat à propos des paroles du général de Gaulle à qui l’on réfère de manière tronquée et instrumentalisée pour des raisons politiques et sortie de son contexte historique (Guerre d ‘Algérie) faisant perdre le sens de ses propos. On peut aussi l’interpréter comme cela : la France est évidement diverse avec des apports multiples mais ils doivent rester une minorité, car cela risque de remettre en cause la culture dominante, pour reprendre un terme utilisé par les Allemands (Leitkultur) par un déséquilibre croissant entre ces apports et les populations enracinées car on prend le risque de faire perdre à la nation sa spécificité et son identité. Le général de Gaulle, visionnaire,  pensait à la « France éternelle », la France charnelle dans ses spécificités historiques, géographiques et humaines.

 

La citation en cause :

« C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoire ! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec turbans et djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français. Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri, même s’ils sont très savants. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisions l’intégration, si tous les Arabes et les Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcher de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées. »
Citation du Général De Gaule le 5 mars 1959 transmise par Alain Peyrefitte dans « C’était de Gaulle.

Autre citation intéressante à ce propos : « Si une communauté n’est pas acceptée, c’est qu’elle ne donne pas de bons produits, sinon elle est admise sans problème. Si elle se plaint de racisme à son égard, c’est parce qu’elle est porteuse de désordre. Quand elle ne fournit que du bien, tout le monde lui ouvre les bras. Mais il ne faut pas qu’elle vienne chez nous imposer ses mœurs» (dans De Gaulle, mon père, par Philippe De Gaulle, éd., Plon).

 

 

 

[24] http://www.welt.de/politik/deutschland/article146919471/Islamisten-bedrohen-Christen-in-Fluechtlingsheimen.html

 

 

 

[25] L’ONU a autorisé le 9 octobre la force pour permettre à l’UE de lutter contre les passeurs. Toutefois, on voit mal comment les navires de guerre des États-Membres (six navires mis à disposition), pourront détruire les bateaux des passeurs sans créer d’incident diplomatique  et surtout s’ils cherchent à  obtenir l’autorisation des pays dont les navires battent pavillon. De plus, comment les reconduites à la frontière pourront s’effectuer de manière efficace alors que les Etats ont été incapables de le faire jusqu’à aujourd’hui. De plus, les clandestins sauvés en mer sont directement transportés dans l’espace Schengen. Les aides financières aux pays sources des flux peuvent tout aussi bien renforcer leur capacité de pression sur l’UE comme la Turquie  pour obtenir toujours plus. L’agence Frontex ne pourra jamais remplacer les moyens des Etats, déjà très diminués depuis la création de Schengen,  pour surveiller les frontières.

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2015/10/09/l-onu-autorise-l-ue-a-utiliser-la-force-contre-les-passeurs_4786670_1654200.html#7O8AUCl83CTBOg2w.99

 

 

 

[26] http://www.euractiv.fr/sections/priorites-ue-2020/les-etats-membres-veulent-muscler-le-nombre-de-reconduite-aux-frontieres

 

 

 

[27] La femme politique socialiste Céline Pina, conseillère régionale PS du Val d’Oise a déclare que « Ainsi, communautarisme et clientélisme sont les deux mamelles de l’électoralisme… » et repris les commentaires d’une électrice : «Tu sais où on les croise le plus les politiques, c’est quand ils viennent faire leur marché à la mosquée et pour l’Aïd. Ils sont bras dessus bras dessous avec ceux-là mêmes qui nous mettent la pression. Entre dominants, ils se sont reconnus, et nous, ils nous ont passées par perte et profit….». http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/09/14/31003-20150914ARTFIG00156-salon-de-la-femme-musulmane-a-pontoise-le-temoignage-choc-d-une-elue-ps.php

Après avoir tenu ces propos,  d’après Le Figaro, elle a été menacée d’exclusion du Parti Socialiste (PS)  par Le premier fédéral du PS du Val d’Oise, Rachid Temal. http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/09/18/31003-20150918ARTFIG00294-salon-de-la-femme-musulmane-celine-pina-menacee-d-exclusion-du-ps.php

 

 

 

[28] Un intervenant de Science-Po, Samir Hammal, s’est offusqué d’une publicité pour vêtements pour enfants car ils étaient blonds. http://www.huffingtonpost.fr/samir-hammal/la-rentree-des-classes-tres-politiquement-incorrectes-des-marques-francaises-de-vetements-pour-enfants_b_8108992.html

 

 

 

[29] Lors de ce meeting, les femmes et les hommes ont été séparés devant la scène, des versets du Coran ont été récités par un Imam, et le président Erdogan est venu pratiquer l’ingérence sur le sol français car selon le journal L’Alsace : « le président Erdogan a également demandé à ses compatriotes qui vivent en Europe de prendre la nationalité du pays où ils vivent, tout en gardant leur identité. S’adressant plus particulièrement aux “ 650 000 Turcs vivant en France – dont 300 000 seulement sont des binationaux “ – il a appelé les autres à prendre aussi la nationalité française, s’étonnant qu’ils ne s’engagent pas davantage en politique.“ Pourquoi n’avons-nous pas un seul concitoyen élu à l’Assemblée nationale et au Sénat ?“ s’est-il étonné, en appelant les jeunes à“réussir” dans leurs pays d’adoption. ».

http://www.lalsace.fr/actualite/2015/10/05/erdogan-mobilise-ses-soutiens-a-strasbourg

Selon le quotidien  Le monde  «  L’audience, acquise, lui a répondu en scandant « Allahou Akbar ! » (« Dieu est grand » en arabe)  tandis qu’il a « également condamné avec virulence la réponse des Etats européens à la crise des migrants. La foule a hué ces Etats « donneurs de leçons » La président a aussi  « présenté la Turquie comme le défenseur de « la vraie civilisation » face à une Europe affectée par « la xénophobie, l’islamophobie et le racisme ». http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/10/04/a-strasbourg-l-appel-a-l-unite-turque-d-erdogan-devant-la-diaspora_4782282_3214.html

 

 

 

[30] Le seul homme politique français qui a osé souligner cette ingérence dans une lettre au ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve est le député du parlement européen Aymeric Chauprade, membre du Front national et du groupe «Europe des nations et des libertés ».  http://aymericchauprade.com/lettre-ouverte-a-bernard-cazeneuve/

 

 

 

[31] http://www.lefigaro.fr/international/2008/02/13/01003-20080213ARTFIG00395-l-integration-des-turcs-oppose-berlin-a-ankara-.php

 

 

 

[32] http://www.lexpress.fr/actualite/societe/migrants-80-des-francais-favorables-aux-controles-aux-frontieres_1716669.html

Selon un sondage Elabe pour BFMTV Ainsi 62% des sympathisants PS se disent pour le retour des contrôles aux frontières, une proportion qui atteint 92% chez Les Républicains, et même 98% chez les sympathisants du Front national. Les ouvriers sont à 91% favorables à cette décision également, bien plus que les cadres et les professions intellectuelles supérieures qui disent « oui » à 69%.

 

 

 

[33]  Cette idée à été initié par Eric Ciotti qui a souligné que il faut « manifester la volonté de devenir français », et « La nationalité ne peut pas s’acquérir par hasard, avec une procédure automatique. »
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/06/15/sarkozy-relance-le-debat-sur-le-droit-du-sol_4653912_823448.html#gcfI24kHR457FXMK.99

repris par une partie de la droite et  évoquée par Nicolas Sarkozy. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/06/10/01016-20150610ARTFIG00438-droit-du-sang-ou-droit-du-sol-le-debat-est-rouvert.php

 

 

 

[34]  Mon article précédent sur l’absence de stratégie en Syrie avait déjà souligné les impasses actuelles http://www.eurocontinent.eu/2014/12/middle-east-and-north-africa-chaos-the-absence-of-european-strategy/

 

 

 

[35] Il a été montré sur ce site que les menaces de sécurité provenaient de l’arc de crise Sud et cette crise, grâce à l’analyse géopolitique, était largement prévisible.  Il a aussi été souligné que les intérêts géopolitiques des Européens suggéraient de former un axe continental, et non pas de renforcer la fracture entre États-membres de l’UE et Russie, à la remorque des intérêts euro-atlantistes. La Syrie est le rempart géopolitique de la Russie pour contrer l’effet domino des crises issues des révolutions arabes. L’analyse spatiale qui fait partie intégrante de l’analyse géopolitique anticipait cette situation.

http://www.eurocontinent.eu/2015/03/le-couple-franco-allemand-et-les-accords-de-minsk/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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